‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 13 sur 37 · UNE VEILLEE AU PRESBYTERE · texte numérisé non relu

UNE VEILLEE AU PRESBYTERE

Quelque longue que soit 1a saison

canadien l'aime. De fait,

les familles. D'abord, le froid de nos hivers ot: très

supporthble. L'air est sec, le ciel d'une pureté sans De temps en temps on verra bien quelques tem-

pêtes appelées avec justesse “poudreries”, mais per.

de n'en C#t effrayé. Même, lorsque le vent. se met

Dons a À l'égioe Où pour se rendre faire ie voile

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à la mélancolie. Le soleil, si limitée que soit sa course, à donné pendant ie jour un peu de vie aux êtres qu’il éclaire de ses rayons bienfaisants ; mais, lorsqu'il disparaît, la nature entière semble s*: + rendormir du sommeil de la mort. Ce spectacle conduit à la tristesse les âmes portées à la rêverie, :

Nos gens, eux, ne s'arrêtent pas à ces pensées : ils savent employer d'une manière plus agréable les longues soirées que ‘le bon Lieu leur donne. Aussi, voyez-les comme ils font une heureuse diversion aux idées noires qu'ils seraient tentés d'avoir. lis vont, en famille, faire la partie de cartes chez le voisin, et, pendant que les femmes utilisent leurs instants à confectionner des tricots, les hommes fument la pipe, s'amusent à qui mieux mieux. Après la veillée, chacun revient à son logis, frais et dispos, respirant à plei:s poumons l'air si pur qui les entoure.

Heureuses nos familles canadiennes qui ne connaissent que ces divertissements honnêtes et qui savent s’en contenter ! Mais, dans plusieurs paroisses, d’autres amusements attirent la jeunesse, L'auberge du re tre là aussi on fait la partie de cartes on joué gros jeu. L'argent péniblement gagné coule

Re ee L'on boit et l’on

joue à l'argent. Dans certaines villes, des pères jouent d'avpnce le salaire d’une semaine de travail. C'est

AUTOUR D'UN AUMERGE

è nécsssaire. Pauvres enfants, pauvres femmes, que vous êtes à plaindre! . Les © La paroisse de Notre-Dame de la Pointe-aux-Foins souffrait de ce mal déplorable. Que de fois, le bon M. Héroux avait tonné du haut de la chaire de vérité contre ces fléaux que des hommes mai intentionnés | continuaient à vouloir propager. Ses efforts avaient - été inutiles. C'était pour lui une cause de tristesse et d’ennui, Quand il voyait artiver la saison d’automne, quand il disait adieu à son jardin qui faisait ses délices, il se demandait avec anxiété si de nouveaux malhèurs ne fondraient pas sur ses paroissiens. Car, de- Puis. un certain nombre d'années, il avait eu à déplorer plus d'un esclandre de Ja part des jeunes gens. + Assis auprès de son foyer, il se rappelait le temps de sa jeunesse, où ses paroissiens l'aimaient et suivaient - ses conseils, Il comparaît le changement survenu en eux depuis ‘ces jours si heureux. Alors on le voyait devenir plein de tristesse. De grosses larmes coulaient sur ses joues ridées par l’âge, les jeûnes et les insomnies. Quand il ne pouvait plus se: contenir. if se jetait “À genoux pour demander au divin Maître de l'aider à porter courageusement sa croix. Il ne sortait plus; autrefois, un de ses plus agréables passe-temps, était d'aller faire une courte veillée chez l'un où l'autre de ses parisiens, I] n’y allait plus: il s'apercevait que sa Présence génait plus d’un chef de famille. D'ailleurs,

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