‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 16 sur 37 · DIEU LE VEUT · texte numérisé non relu

DIEU LE VEUT

Dieu le veut! tel avait été le dernier mot que M, de Verneuil avait adressé à son ami M. Bonneterre, en lui souhaitant une bonne nuit. Le lendemain, su point du jour, il était debout, et réfléchissait sur les moyens

res ne marcheront pas toutes seules. I] va falloir lutter! peu m'importe, à la bataille on doit s'attendre à fait mieux de rester chez lui. Il n'y a que les braves Ée qui triomphent, Je recevrai des éclaboussures, qui, . après. tout, ne me seront pas fatales….Allons, il faut ca

commencer | A l'oeuvre done ! et à la gande de Dieu ! : Les suppôts de satan, les amis de la bouteille, ceux qui font la lutte aux curés de nos campagnes, travail. lent dans l'ombre. C'est en secret, le soir surtout, dans les ténèbres qu'ils lancent leurs filets, pour surprendre les simples et semer l'ivraie, la zizanie, dans les champs

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catholiques. * C'est alors qu'ils montent leurs batterie contre l'Eglise et ses ministres. Voyez-es à l'oeuvre, tous les moyens fleur sont bons. Pour diminuer l'in- PURE PET ph dr bé, ils emploieront, d'abord, les railleries, les médisances, sam se rendre : compte, les malheureux, qu'ils font une oeuvre diabolique. .Ce n’est pas qu'ils sont tous méchants! Oh non! Demandez-leur s'ils ont la foi? Ils répondront qu'ils sont tout aussi catholiques que vous. ‘Tout de même, ils se conduiront comme des renégats, ils entendront débiter les plus grosses obscénités, les mensonges les plus éhontés, et feront chorus avec la canaille, souvent méme ils tolèreront ces discours repréhensibles devant leurs enfants. Quand les passions sont soulevées, ce n'est plus la raison et le simple bon sens qui parlent, c'est leur mauvais instinct. Une fois la tempête terminée, la plupart de ces hommes, chez nous du moins, reprennent leur train de vie ordinaire, et regrettent ce qu’ils ont dit ou fait.

Les défenseurs de 1a bonne cause, eux, agissent ‘autrement. Forts de la vérité, forts de la morale qu'ils défendent, pleins du désir de faire le bien, c'est au grand jour qu’ils travaillent. La vérité ne craint pas la fumière, Le mensonge au contraire né peut là supporter. M. de Verneuil se mit sur le chemin: dé bién bonne heure. Il'se sentait poussé comme malgré lui | red Vir .: rpérance, I avait des

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amis, Lean ph Ÿ né tone de tous. Les amis de Sellier, eux, ne l'aimaient pas. Jls cohnaissaient sa droiture, la force de son caractère, : et le savaient impitoyable sous le rapport des principes, Aussi ceux qui avait déjà cherché à connaître sa pensée por (A Mgion et le prêtre ne souhaitaient pas 1e rencontrer.

Les partisans de Sellier, se disait-il, sont forts et puissants, ils ont l'or. pour eux. ‘Nous, nous n’avons pour faire la lutte que la force de nos arguments, mais je crois que cela suffit. Chemin faisant, il rencontra Charles Langevin et ses deux gars qui se rendaient au moulin de Sellier faire moudre du grain.

— Bonjour, M. de Verneuil, dit le dernier venu, . vous êtes matinal, à ce qu'il paraît, Comment va la santé ? — Sur les roulettés, M. Langevin, st vous ? — Très bien, comme vous pouvez le voir. — Dites donc, M. Langevin, quellé belle journée pour éerraner

nos geris vont en profiter.

Charles Langevin était l'un des plus fervents chré tiens de Notre-Dame de la Pointe-aux-Foins. I iouissait d’une réputation intègre. Bon père de femill, s’il

en fut jamais, il eut tout donné pour sauvegarder ia

jeunesse contre les dangers de l'alcool. M. de Verneuil dans ses luttes passées n'avait eu qu’à se féliciter de lui.

Aus, voult-l profiter de cette rencontre toute fortuite

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