‹ Autour d'une auberge [microforme]Chapitre 33 sur 37 · FE · texte numérisé non relu

FE

-guments, et en voici la preuve. Cette nuit même, les

+ «dizaine d'autres pour m'offrir la charge de conseiller, . ét avec cele celle ci maire, si je le voulais. Long- RE Ain je teur ai

AUTOUR D'UNE AUBRRGE sieurs libéraux sont du même avis. En abandotnant votre candidat pour un autre, qui, lui aussi, est opposé à l'auberge, vous montrez que vous n’avez pas de pré-

Ce discours aurait pu faire un réel dommage à la cause de la tempérance. Heureusement que M. Héroux leur fit entendre qu’il ne reviendrait point aur sa détermination, Ce qui a été fait, dit-il, est bien fait et je le laisse fait. Un peu vexés, les envoyés de Sellier se retirèrent en per vs encore une fois au Curé qu’il jouait gros jeu, quil s'exposait à tout perdre.

Cette démarche remua cependant M. Héroux; il

: réfléchit toute la soirée sur ce qui venait de fui être

proposé. Et il trouva que c'était peut-être le moyen d'éviter la division au milieu de sa paroisse, division toujours si pénible...

Le jour suivant, après avoir dit la Sainte Messe avec sa ferveur accoutumée, il vit venir à lui Bonneterre. Au presbytère, M. Héroux lui fit part de ses in-

Ne faites pas cela, M. le Curé, ce serait compromettre votre cause. Nos adversaires sont à bout d’ar-

messieurs qui vous ont park hier, sont venus avec une

Le x :

déclaré que jamais je ne le ferais. Latulle me dit: “M.

n Vous, conservateur, vous laissez votre place à un libéral, c’est une honte. .. |” Et que d’énormités il à débitées, le cher homme! A ja fin je lui ai dit: “Mon ami, retournez chez vous je ne reviendrai pas sur la parole que j'ai donnée à M. Langevin ‘Tout = libéral qu’il est, il a Promis de voter contre l'auberge,” il n’est pas question de politique aujourd’hui, mais de

tempérance! Personne ne me reprochera d’avoir man-

qué à ma parole d'honneur !” = Latulle reprit: “I Y aura des élections, aucun ne

voudra appuyer Langeviri !” — “Quand même je serais seul au Conseil pour Proposer le nom de M. Langevin, et que je ne serais pas secondé, je me rendrai et ferai mon devoir.” — “Très bien parlé, dit un des assistants, que la mâle fierté de Bonneterre avait converti, je vous seconderai. — Sur ce, M. le Curé, ils sont partis. C'est Pour vous prévenir de ces faits que je suis venu. Tenez

- bon, nous aurons la victoire. C’est demain le jour de

l'épreuve. Priez pour vos amis et confiance encore une fois |. . | 2

Le lendemain dès neuf heüres la salle était comble. Rougeaud et ses partisans se tenaient dans un coin, M. de Verneuil, Bonneterre, l'Ami, et d’autres jasdient

en silence. On sentait la poudre dans l'air: ne simple - étincelle pouvait mettre de fe. À l'heure réglementaire

°R invita les gens à praposer leurs candidats, M. Bon-

don nes

73 des Ps de de Je propose, dit-il, M.

: Charles Langevin à la.place de M. Rougeaud : un autre proposa {= nom de M. Larfeuil en lieu et place de 2°, Labouteille.

M. de Verneuil seconda la motion, Un silence de . mort régna dans l'assemblée, La colère montait au visage de Rougeaud, qui fnémissait en lui-même. Combien elle parut longue à M. Bonneterre l'heure accordée pour permettre ces délibérations! Au mornent fixé par la loi, l'heure expinée, M. Langevin et Larfeuil furent déclarés élush .

— Nous sommes battus, dit Rougeud à Sellier!

— Tas d'imbéciles : que sont les Canadiens! fit ce * dernier.

— Vive Dieu! dit M. de Verneuil à on ami Bonneterre, qui tremblait d'émotion et de j joie! Voilà le commencement de la victoire!

Page 1