‹ Autour d'une tiareChapitre 1 sur 11 · PONTIFEX OPTIMUS MAXIMUS · texte numérisé non relu

PONTIFEX OPTIMUS MAXIMUS

Du miel dans cette tiare terrible, c'était une fantaisie historique d'un symbolisme bien touchant. J'ai souvent songé depuis à cette petite aventure et je ne jurerais point qu'elle

ne soit pas pour beaucoup dans l'invention de ce roman, ou tout au moins de son titre. J'ai tenté de mêler un conte d'amour ingénu aux terreurs du règne de Grégoire VII et d'entourer d'une chanson d'abeilles la tiare du pape de Canossa.

Mais je dois quelques éclaircissements très simples aux lecteurs à qui l'histoire de la papauté au moyen âge ne serait point familière, et que l'image étonnante de ce temps pourrait désorienter dès les premières pages du livre.

La papauté, à partir de la donation carolingienne jusqu'à la fin du grand schisme, vers le temps de Pie II, eut une difficulté inouïe à se tenir debout, comme puissance temporelle à Rome, dans l'état ecclésiastique et en Italie. Les papes n'ont été vraiment les maîtres de leur ville et les princes absolus du domaine de l'Église qu'à la fin du xv® siècle, avec Sixte IV et Alexandre VI. Jusque-là, ils ont été contestés, tourmentés, dépossédés, exilés, parfois mis à mort par une émeute populaire ou par une révolution religieuse portant un antipape sur le siège du pape légitime. Il est très curieux de voir, dans le Cartidaire de l'Université de Paris, neuf pièces sur dix émanant de la chancellerie pontificale, qui sont datées d'une ville italienne autre que

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