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LES FÊTES DE MAI

Les cérémonies de cette sorte survécurent fort longtemps à la chute des dieux ; à Rome, au viii^ siècle, la fête de la Saint- Jean se célébrait encore de la façon la plus païenne^ A Messine, aux xii^ et xiii*^ siècles, les pécheurs renouvelaient chaque année les processions de Saturne et de Rhée ^. Quant aux Floralia, on en trouve l'écho dans ces courses de filles publiques nues que les communes d'Arles et de Beaucaire donnèrent officiellement, le saint jour de la Pentecôte, jusqu'au xvi® siècle ^. En bien des endroits, la rigueur de la température modifia ce cérémonial édénique, mais les fêtes de mai, maierolles, calendamaya, calendimaggio, gardèrent toujours, dans la liberté des propos et des chansons, la trace de leurs origines. On allait au bois quérir le mai, chepcher des fleurs et des branches dont on ornait les maisons et c'était souvent à nuit close; on jonchait les rues de rameaux *. On élisait une reine d'avril, une reine de mai pour présider à la fête ^ et les femmes dansaient des caroles, en chantant des refrains éhontés où, bafouant père, mère et mari, elles proclamaient leur droit à l'amour libre et lançaient aux bacheliers des appels de femelle en rut ^.

Vers le xii^ siècle, les jeunes gens se mêlèrent aux caroles et je ne sais si la fête y gagna en moralité '.

qu'une fois Caton, assistant à ces jeux, s'aperçut que le peuple, intimidé par sa présence, n'osait pas demander aux mimes de se mettre nus. Alors il s'en alla, aux applaudissements de la foule, et, tout de suite, les actrices quittèrent leurs vêtements.

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