‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 109 sur 440 · Guillaume de Dole, vers 4153 et suiv · texte numérisé non relu

Guillaume de Dole, vers 4153 et suiv

5. L'usage en subsiste encore aujourd'hui dans les rondes d'enfants ; Choi^ sissez une reine.

6. Il semble que chaque fois que les femmes sont réunies à l'abri de la férule (je ne parle que du moyen âge), la liberté de leurs propos et de leurs théories dépasse toutes les bornes. Les cours d'amour décident que lamour est incompatible avec le mariage ; les chansons de danse font étalage dune immoralité amusante ; les chansons de toile, que chantaient les femmes assemblées pour coudre ou pour filer, obéissent aux mêmes tendances. (Cf. Jeanroy, Origines delà poésie lyrique en France, p. 217 et suiv.)

7. Les fêtes de mai subsistent encore çà et là : « Dans les environs de Briançon (Bédier, Revue des Deux -Mondes, mai 1896), un garçon recouvre tout son corps de feuillages cousus à ses vêtements, se couche dans les herbes, feint de dormir ; un cortège vient vers lui ; une jeune fille s'en détache, qui l'éveille par un baiser. • — Dans les villages du Velay (/?om., 1873, 60), les jeunes filles élisent une reine de mai et vont avec elle la nuit du 1" mai, faire la quête des œufs dont on dépense le produit dans un grand banquet. Elles sont toutes vêtues de blanc ; la reine porte des souliers blancs et un collier d'or, parfois un diadème. En quelques endroits, les

H. Les mamelles me poignent, s'éorie une fillette à qui pèse sa virginité ; je prendrai un jeune ami. » — « Las, c'est trop de douleur, je ne puis rester sans amour, ni ne le veux, » dit une autre. — « Le monde entier ne m'empêchera pas de faire un ami. » — « Quoi qu'on puisse dire, il n'y a qu'une vie, c'est aimer. » — u Sans aimer, nul ne peut avoir joie ; folle qui son temps n'y emploie. » — « Jeune dame qui n'aime est bien déshéritée de Dieu !» — « J'aimerai mon doux ami, il est beau et courtois ; je lui donnerai mon joli cœur malgré père et mère ; je suis plaisante et joliette ; j'aimerai. » — « Je ne puis me consoler ni en dansant, ni en jouant, c'est la faute du mal d'aimer ! » « Je suis bien femme, car jamais je n'aimai qui m'aima. J'ai dit plus •de mensonges que mon ami n'a dit de vérités. Je ne me marierai pas,

jeunes gens plantent le 1" mai un arbre sur la place du village et dansent autour en

chantant î

Nous vous amenons une reine,

Venez la voir, elle a de belles fleurs,

Y en a de rouges, y en a de blanches,

Les oiseaux chantent sur les branches...

Nous irons voir dans la prairie,

Voir si les roses sont fleuries.

•OU encore i

Mai est arrivé, mai est revenu,

A votre porte il s'est posé,

O la rosée, ô la rosée !

Voici le joli mois de mai qui vous réveille I

Le mofc carole vient du grec -/oporjXEîv, accompagner de la flûte une danse en rond. Les caroles durent encore en quelques coins perdus. En Gascogne, on les appelle roundeou. Gaston Paris {Journal des Savants, juillet 1892) décrit la carole des îles Féroë : les danseurs se tiennent par la main et marchent vers la gauche, sur le rythme des couplets que chante un soUste ; ils reprennent tous en chœur le refrain, en exécutant sur place un mouvement balancé. C'est une chaîne en forme de farandole, parfois une ronde. — Les caroles, en général, se dansaient sans le secours des instruments, au son des chansons. On trouve un exemple de carole daus la Divine Comédie, la ronde des trois Vertus Théologales autour du char de l'Église. « Elles paraissaient dirigées tantôt par la blanche, tantôt par la rouge et réglaient 4a vitesse ou la lenteur de leurs pas sur le chant de celle-ci » {Purg., XXIX, 121).

Au xvii« siècle, en France, on dansait volontiers la carole. Talleraant des Réaux <X, 104, 2« éd.), racontant ses amours avec une veuve, s'égaie au souvenir de cette petite anecdote : « Une fois que nous étions à un divertissement chez une des parentes de la veuve, on se mit à danser aux chansons ; elle me tenait par la maio -et, sans y penser, elle alla chanter :

Guillot est mon ami,

Quoi que le monde en raille ;

Il n'est point endormi,

Quand il faut qu'il travaille.

Ah ! je ris lorsqu'il me baise.

Car il meurt de plaisir et moi d'aise ! »

On voit que, même au grand siècle, le ton des chansons de danse était resté ^ssez libre et que, comme jadis, c'étaient les femmes qui les chaiitaienL

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