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LE « STIL NUOVO » ET LE VOCABULAIRE

qui chantaient en provençal ; aussi leur école, postérieure à celle du Nord, ne dura pas davantage ; toutes les deux subsistèrent jusqu'au commencement du xiv« siècle. Sordel vivait encore en 1266. Bonifaci Galvo a pleuré la mort de saint Louis et Barlboloraé Zor2d était son contemporain. Lanfranc Cicala a vécu jusqu'en 1300, alors que le stil nuovo était déjà près de sa fin. Vers 1280, les trois écoles vivaient en concurrence et toutes les trois reconnaissaient plus ou moins ouvertement pour pères les grands ancêtres d'Occitanie. La tradition des troubadours a persisté chez Dante et chez Cino, son cadet ; elle a prédominé chez Pétrarque. La manière nouvelle n'est, à bien des égards, que l'ancienne, poussée à toute outrance. Ce ne sont pas seulement les principes directeurs que les stilnuovistes ont empruntés à la Provence ; on trouve chez eux des phrases, des situations, des poèmes entiers qui sont nettement occitaniques.

§ 4. Le « stil nuovo » emprunte à VOccîtanie le vocahulaire technique^

de V amour.

Ils parlent un jargon spécial qui les rend difficiles à interpréter. Ce vocabulaire technique de l'amour se compose de mots qu'ils ont détournés de leur sens italien pour leur attribuer le sen? spécial que les troubadours avaient donné aux mots correspondants de la langue d'oc. (Voir le tableau page suivante.)

On peut joindre à ce tableau quelques autres mots qui, sans jouir de ce double sens, sont simplement transcrits du provençal, tels que sdonneare, donneare (provençal, domneiar), courtiser les dames, coqueter (Dante, bail. Ballata, io i>o : avanti che sdonnei ; ch. Poscia ch'Amor, donneare aguisa di leggiadro) ; messione (provençal messio, largesse ; mot employé par Dante dans la chanson Poscia cKAmor). — Comme les troubadours, les stilnuovistes attribuent au mot Amour les deux genres et accordent fréquemment un verbe . au singulie-r avec un sujet au pluriel ^.

1. Dante, sonn. Io mi credea : si che s'accordi (s'accordino) i faîli à dolci dclli. — G. Cavalcanti, sonn. Un amoroso sguardo : non vale (valgono) merzedey ne pietà, ne slar soffrenle.

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