‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 140 sur 440 · FiorcUi, Ozanam · texte numérisé non relu

FiorcUi, Ozanam

248 l'amour et la femme en tcscane

contraient en chemin, l'amour et la joie brillaient en leurs yeux, et ils se saluaient avec des paroles pleines de douceur, des sourires modestes, des regards affectueux et tendrement recueillis. Ayant abandonné tout amour-propre, ils n'avaient pas d'autre pensée que de s'aider les uns les autres ; et c'est avec bonheur qu'ils se revoyaient, mais bien amers étaient leurs adieux et bien dure la nécessité de se séparer. Jamais on n'a connu parmi eux les disputes, jamais l'envie, jamais la méfiance ou la mauvaise humeur ; mais tout était union, paix, remerciements et chants de louange. Rarement ou jamais les frères s'arrêtaient de louer Dieu et de le prier, de le remercier pour tout le bien qu'il leur permettait de faire et de pleurer pour ce qu'ils faisaient de mal ou pour l'imperfection de leurs actes. Ils se croyaient délaissés de Dieu quand leurs cœurs n'étaient pas inondés de la douceur du Saint-Esprit ^... »

(( Dans leur route, ils n'emportent ni sac ni poche avec eux, ni pain ni argent dans leur ceinture, ni chaussures à leurs pieds... ils n'ont ni couvents ^ ni églises, ni moissons, ni vignes, ni aucun bien quelconque, ni un seul objet où reposer leur tête. Ils ne revêtent ni fourrure ni toile, mais seulement des sarraux de laine avec des capuchons. Si quelqu'un les invite à un repas, ils boivent et mangent ce qui leur est offert et si, par pitié, on leur donne quelque chose, ils s'interdisent d'en rien garder pour le lendemain... Et ce n'est pas seulement par leurs paroles, mais bien par la perfection de leur conduite et la sainteté de leur vie qu'ils entraînent nombre de gens de toute condition à dédaigner le monde, à abandonner maison, patrie et les plus grands biens pour revêtir l'habit des frères mineurs, un simple sarrau et une corde autour des reins ^. »

Rien n'est plus émouvant que les premiers chapitres généraux, tenus en plein air, avec une merveilleuse effusion. Les frères, cinq mille, dit-on, couchaient par terre ; ils mangeaient, s'il plaisait à Dieu. « Dans cette grande foule d'hommes, on n'entendait aucun bavardage futile, aucune parole inconvenante ; mais, en tout endroit où un groupe de frères était réuni, ou bien ils priaient et récitaient leur office, ou bien ils pleuraient sur leurs péchés ou sur ceux des hommes... Et saint François dit aux frères : Au nom de la sainte obéissance, je vous ordonne à tous, si nombreux que vous soyez, que pas un seul de vous ne se soucie de ce qu'il devra manger ou boire,

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