Pour l'instruction des femmes, cf. I, ch. iv. G
mun à Ions les hommes, mais avec une ardeur particulière. Une fois monté sur le trône, quoique nous fussions absorbé la plupart du temps par la multitude des affaires, nous n'avons pas voulu perdre dans Toisiveté les heures que nous pouvions dérober à ces soucis ; nous nous plaisions à les employer tout entières à la lecture, afin que notre âme se fortifiât en acquérant la science, sans laquelle la vie des mortels ne peut se gouverner librement. »
§ il. Portraits de che^'aliers.
L'heureux alliage de l'élégance morale et de la frivolité avec les vertus les plus solides faisait la renommée du chevalier ; on rencontre çà et là, dans les chansons de geste, les romans, les chroniques, les biographies des troubadours, ces types de mérite accompli, Perceval, Durmart, Blacas, etc.
« Blacas ^ fut un noble baron, puissant, généreux, adroit ; il aimait les femmes, la galanterie, la guerre, la dépense, les cours, la magnificence, le bruit, le chant, les plaisirs et toutes les actions qui donnent de la valeur et de la renommée. Personne n'eut jamais autant de satisfaction à recevoir qu'il en avait à donner. Il fut le protecteur des faibles et des délaissés. Plus il avança dans la vie, plus il crût en générosité, courtoisie, valeur, courage : plus l'admirèrent ses amis et le craignirent ses ennemis. Plus il vécut, plus s'accrurent sa sagesse, son savoir et son penchant à l'amour et à la poésie. » A sa mort, Sordel, dans une chanson restée célèbre, proposa de partager son cœur entre les mauvais rois du temps et de le leur donner à manger, pour qu'ils s'assimilassent un peu de ses vertus.
« Savari de Mauléon ^ fut un noble baron du Poitou... C'était un beau chevalier, courtois, de bonnes façons et généreux par-dessus tout. Il aima les dames, la galanterie, l'amour et les tournois plus que personne au monde, les chants, les plaisirs, la poésie, les cours et la dépense. Plus qu'aucun chevalier, il fut ami des dames et des amants et désireux de vivre dans les plaisirs et avec les gens courtois. Il n'y avait pas au inonde de meilleur guerrier. Il fut tantôt heureux, tantôt malheureux dans ses guerres contre le roi de France et ses gens. De ses exploits on pourrait faire un grand livre, car nul, plus que lui, n'eut bonté [humilitat), douceur et franchise, nul n'accomplit plus de hauts faits ni n'eut plus en^de d'en accomplir. »
« Girart ^ brilla dans les choses humaines, mais plus encore dans