‹ Autour de Dante; Les BéatricesChapitre 22 sur 440 · PORTRAITS DE CHEVALIERS · texte numérisé non relu

PORTRAITS DE CHEVALIERS

les choses divines. Il observa très rigidement la justice et poursuivit tîès sévèrement l'iniquité, châtiant efficacement les brigands et les voleurs, et très pieux défenseur des pauvres du Christ. Victorieux à la guerre, car il pratiquait soigneusement le culte ; très dévot constructeur de monastères et joyeux protecteur des indigents ; d'une haute et élégante stature, intrépide au combat, très éminent dans les conseils du roi, très subtil dans ses avis et sa prudence, très riche par ses domaines héréditaires. »

« Si je voulais raconter tous les actes d'honneur que je vous ai vu accomplir, écrit Rambaut de Vaqueiras au marquis de Montferrat^ (Valen marques, R. II, 260), il y en aurait trop... Je vous ai vu marier plus de cent jeunes filles à des comtes, à des marquis, à des barons de haut parage, sans que leur jeunesse réussît jamais à vous faire pécher. Je vous ai vu doter cent chevaliers et en exiler ou en ruiner cent autres, élevant les bons et abaissant les félons et les méchants. Jamais les flatteurs ne vous plurent. Je vous ai vu conseiller tant de veuves et d'orphelins et je vous ai vu aider tant de malheureux qu'ils vous mèneront en paradis, si jamais homme doit y entrer... Vous avez hérité de la libéralité d'Alexandre, de la hardiesse de Roland et des douze pairs, de la galanterie et des beaux discours du preux Bérart. En votre cour régnent la largesse et la galanterie, les beaux vêtements, les belles armes, les jeux, les trompes, les violes et les chants, et vous ne faites pas comme les riches avares qui font fermer leur porte à l'heure des repas ^. »

Le duc de Thèbes ^, Narcissus, « fut très prisé et très renommé pour sa générosité, sa courtoisie, sa beauté, sa chevalerie... Sachez qu'il n'y en eut pas de meilleur pour défendre ses droits, pour entreprendre de grandes affaires et les mener à bon port ; pour rendre des sentences équitables, pour donner de bons conseils aux sages, pour faire du bien à ses amis et confondre ses ennemis ; pour rimer, pour versifier, pour dicter une lettre et, au besoin, l'écrire en parchemin ou cire, pour tourner une chanson, pour chanter, pour donner avec grâce... pour faire la paix ou la guerre ».

Joinville, Cil, dit de Gautier, comte de Brienne et de JafTa : * ... Quand il avait quitté ses chevaliers, il s'enfermait en sa chapelle et se tenait longuement en oraison avant d'aller le soir coucher avec

1. A en croire Aimeric de Pégulhan {Era per bcn, R. IV ; Ane non cujciy R. IV), Guillaume Malaspina et le marquis d'Esté se distinguèrent par leurs vertus, sens, mesure, sagesse, bonté.

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