PREMIÈRE SECTION. — LA FEMME ROMAINE ET LA FEMME BARBARE
§ 1. Nécessité de cette étude.
Il n'est pas très facile de se faire une idée exacte de la place qu'occupa la femme dans le monde du moyen âge. Considérée par les théologiens comme un être inférieur et pourtant vénérée comme Mère de Dieu ; déifiée par la poésie lyrique, obéie, dans les romans courtois, comme un tyran capricieux et absolu ; ravalée par l'épopée au rang de brute impudique, sur elle la littérature porte les jugements les plus contradictoires. Les événements historiques ne nous fournissent que peu d'indications. Quant aux mœurs, « qui sont plus que les lois », où les étudier, sinon dans les chroniques et les romans? Restent les lois. Sans refléter exactement les mœurs, elles les suivent dans leur évolution. Le véritable empire que la femme exerça en France de nos jours s'est traduit, au point de vue juridique, par l'éga- ^j Jité du mari et de la femme en adultère, l'admission des femmes