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Cette voie est celle du regard

GEMMA DON ATI 749

l'esprit consent ^, elle entend une voix lui dire avec courtoisie : « Sors « d'ici, belle dame, et ne t'y présente plus. Car, dans l'âme, réside une « dame qui, des mains d'Amour, reçut le sceptre sitôt qu'elle y arriva. » Et lorsque Lisetta se voit renvoyer de ce lieu où réside Amour, elle s'en retourne toute rouge de honte. »

Ce sonnet ne fait pas honneur à la galanterie de Dante et je serais étonné que Lisetta lui ait jamais pardonné. En son nom, messer Aldobrandino Mezzabati, capitaine du peuple à Florence de 1291 à 1292 ^, répondit, sur les mêmes rimes, glissant peut-être dans ses derniers vers une équivoque gauloise du genre de celles qu'on a remarquées dans les poèmes de la Pierre. Son sonnet, Lisetta ç^oi, a été publié par Barbi {Due noterelle dantesche ; il est reproduit par Lamma, Quistioni dantesche, p. 130).

« Je veux laver Lisetta de sa honte et lui servir de guide dans son chemin de douleur pour la mener, loin des méchants, dans les bras de celui qui accourt tout de suite vers elle (le dieu Amour).

« Il lui a plu d'exposer la beauté d'une femme à ce dédain qui ressemble à de la grossièreté. Mais combien cette voix (la voix qui a renvoyé Lisetta) fut outrecuidante, je vais, sur les ordres d'Amour, vous le dire.

(( Le sire qui est maître de ce mont de fidélité (la dame qui est en possession du cœur de Dante) ne croit pas beaucoup au messager (le sonnet de Dante) avant qu'il pénètre dedans (dans le cœur de la dame) jusqu'à notre Seigneur (Amour). Et quand il est arrivé au port de merci (dans le cœur de la dame), la voix dit à la tour [rocca) : ne te redresse que si le sire le permet. »

En somme, Mezzabati dit à Dante que, s'il a renvoyé Lisetta, il n'est pas sûr, pour cela, d'avoir conquis la dame à qui il garde cette hargneuse fidélité.

§ 9. Gemma Donatl.

Et la femme de Dante ? Il n'en a pas parlé plus que de son père et , à tort ou à raison, on s'est imaginé que leur ménage ne fut pas heureux, quoiqu'ils eussent beaucoup d'enfants. Les grands hommes ne sont pas faits pour le bonheur domestique. L'obscure épouse ne suivit pas son mari en exil ; elle resta avec ses enfants à Florence où elle continua à vivre d'une infime pension alimentaire, quatre livres de pain par jour, que la commune lui servait sur les revenus de sa dot,

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