Voir : les Lundis d'un Chercheur
14 Tî. DE BALZAC ET TH. GAUTIER
que, dès la mise en vente de l'ouvrage, il écrivit à l'éditeur Renduel pour s'en faire adresser un exemplaire. Nous en devons lacommunication à l'obligeance de M. Adolphe JuUien, le remarquable biographe de Berlioz et de Wagner :
« 18 décembre [1835].
» M. de Balzac prie Monsieur Renduel de lui donner un exemplaire de Mademoiselle de Maupin au prix libraire, et lui offre ses salutations.
La lecture de ces volumes inspira à Balzac une véritable admiration pour leur auteur, admiration qu'il ne cessa d'exprimer dès lors, aussi bien dans ses conversations que dans ses lettres et même dans ses écrits. Aussi sa première pensée fut-elle d'enrôler ce styliste exceptionnel dans le groupe choisi d'écrivains qu'en décembre 1835 il s'occupait précisément de réunir,
pour les faire collaborer à la Chronique de Paris, obscure publication légitimiste, fondée en 1834 par M. William Duckett, et dont Tauteur de la Peau de Chagrin allait devenir le directeur à partir du l"'' janvier 1836.
Jules Sandeau fut chargé de la négociation, et Théophile Gautier, qui rapporte encore que Balzac et lui s'entendirent facilement, publia divers travaux dans le recueil dirigé par le maître. Aussi des relations suivies s'établirent-elles dès lors entre eux.
De cette époque environ doit dater la lettre suivante de Balzac, empruntée à notre Histoire des œuvres de Théophile Gautier, lettre non datée et signée Alcofribas ^ Elle semble bien avoir été écrite au sujet même du Chef-d'œuvre inconnu :
1. Cette signature lui avait déjà servi pour le conte intitulé ZérOf publié dans la Silhouette du 3 octobre 1830. Ce conte a été fondu plus tard dans l'Église, devenue ellemême, depuis, un fragment de Jésus-Christ en Flandre,
« Depuis que je vous ai vu, je suis tombé malade. Mais j'ai aujourd'hui toute l'œuvre imprimée. Ne voulez-vous pas venir dîner aujourd'hui avec moi pour tout revoir? Il y a deux ou trois endroits obscurs, où, en quelques minutes, nous mettrions de la lumière.
» Venez; je suis pressé de faire corriger et tirer.
j) Tout à vous,