‹ Autour de Honoré de BalzacChapitre 4 sur 44 · AVANT-PROPOS T · texte numérisé non relu

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de ce mobile se trouvent entre nos mains pour ne pas raffîrmer ici. D'ailleurs, les lignes consacrées par madame Surville h ce côté de la vie de son frère démontrent, si Ton veut bien les lire attentivement, que, si elle s'est tue pour lui plaire, elle en savait pourtant long sur ce sujet. Personne cependant n'a tenté depuis lors de découvrir du moins quelques parcelles de la vérité, à défaut de la vérité toute entière.

Dût-elle rester toujours ignorée, comment a-t-on pu toutefois admettre aussi facilement que Balzac ait jamais mené cette vie quasi monacale , que presque tous ses commentateurs, — en se basant le plus souvent, il est vrai, sur ses propres affirmations, — ont acceptée comme authentique? Ne se dégaget-il pas, au contraire, de presque toutes les pages de son œuvre, une odor di femmina des plus reconnaissables? Ne devine-t-on pas, enfin en lisant la plupart des dédicaces de ses ouvrages, qu'il y a là toute une série de

Yl AYANT-l'JlUPOS

gracieuses apparitions, voilées avec soin, dont les prénoms, — réels ou faux, — sont seuls révélés dans la Comédie humaine? Et ces visions n'évoquent-elles pas dans noire esprit comme un cycle caché d'aventures mystérieuses? En réalité, les Sarah, les Maria, les Sofka, les Constance- Victoire, les Louise, les Caroline, les Hélène, et quelques autres inspiratrices nommées en toutes lettres, ne sont encore, pour la plupart, que les plus marquantes de ces héroïnes du roman d'un jour, de quelques nuits, de quelques mois ou même de quelques années, auprès desquelles Balzac, jeune, aussi bien que dans la force de l'âge, allait chercher l'introuvable mot de cette énigme : l'éternel féminin. S'il ne leur dut pas la découverte de ce secret toujours si bien gardé, il leur fut redevable, en partie du moins, de pouvoir modeler ses chefs d'œuvrc sur nature. Nul écrivain, pas môme hii, le plus grand peintre des mœurs du début de son siècle, n'eût pu les enfanter.

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