X PRÉFACE
ce que nul ne pouvait voir, pénétrer là où personne ne pouvait pénétrer. De suite je m'y résolus. Je leur écrivis en ce sens; ma présence fut agréée, et nous nous embarquâmes.
Telles furent la genèse de ce grand voyage, l'origine des lettres que je publie aujourd'hui. Je les offre au lecteur dans leur décousu, sous la forme même où je les expédiais, avec toutes les incorrections de l'impromptu que je leur trouvais à mon retour. A peine les ai-je modifiées, y retranchant quelquefois, n'y ajoutant jamais. Car les compléter, c'eût été à mon sens en altérer la vérité, leur ravir surtout ce caractère naïf et primesautier de notation prise en courant et sur le vif.
Mais en les relisant toutefois, je m'aperçus que certains passages, ceux qui touchaient les questions économiques et politiques, alourdissaient le récit, et se trouvaient insuffisamment développés, je les retirai donc du texte, et, les reportant à la fin du volume, je les groupais en une quatrième partie qui peut, à la rigueur, servir de conclusion.
Cette méthode me semble présenter certains avantages. Dans les deux premiers tiers de l'ouvrage, le lecteur se substituera plus aisément à ma personne, et si j'ai bien accompli ce que je désirais exécuterai recommencera lui-même notre parcours;