PRÉFACE XI
il entendra, il verra, directement^ sans intermédiaire, sans être importuné de mes jugements. Au contraire, dans les derniers chapitres, ce sont exclusivement mes opinions personnelles que je lui livre ; et s'il désire les connaître, c'est là seulement qu'il doit aller les chercher.
Ce faisant, je crois aussi avoir été plus sincère encore. En effet, puisqu'au risque de le lasser, mais désirant avant toutes choses lui donner la sensation du déplacement et de la distance, j'ai forcé le lecteur à m' accompagner jour par jour à travers la monotonie de la mer et celle des grandes plaines, n'est-il pas juste, pour qu'il ressente absolument toutes les impressions de ce voyage, que, semblable à moi-même, après les éclairs rapides et fugitifs de la course, il ne soit pas privé des longues réflexions, et de la vision calme du retour.