‹ Autour de l'Afrique par le TransvaalChapitre 14 sur 26 · LADYSMITII. — LE COL DE VAN REEXEN ZOO · texte numérisé non relu

LADYSMITII. — LE COL DE VAN REEXEN ZOO

seulement un entrepôt, une usine. On sent de la chaleur autour d'elle. Un rayonnement de vie rurale y converge. Ses monuments sont ceux de la collectivité d'une colonie : palais du conseil législatif, palais de rassemblée législative, édifices au style vaguement corinthien, imposants et sobres. Sur la façade de ce dernier, se découpe, en marbre blanc, la statue de la vieille reine, impérieuse, la tète renversée, hautaine, montrant le sol du glaive tendu.

Ces édifices se pressent autour d'un édifice plus considérable : l'hôtel de ville, entièrement reconstruit en 1900, après un incendie, brillant, pimpant aujourd'hui, multipliant, depuis la base jusqu'à son haut clocher, ses briques rouges, claires, aux jointures nettes et lumineuses.

Une colonne s'élève, en vis-à-vis, érigée en commémoration des combattants tombés dans la guerre contre les Zoulous. Aux quatre angles du socle se dresse une statue : deux soldats anglais, un marin, un boër; ce dernier avec le costume traditionnel : veston de chasse, large chapeau de feutre, cartouchière en sautoir. Puisse ce monument devenir un jour le symbole d'une Afrique du Sud pacifiée, unie sous une administration autonome et libérale.

Enfin, voici une immense statue, celle de sir Théophile Shepstone, moins remarquable par son esthétique que par l'homme qu'elle représente.

Ce fut un précurseur trop peu connu de Jameson, et ce fut un précurseur heureux. Ecoutez le délicieux morceau qu'Alfred Alwyard écrivit à son sujet. Cela se passait en 1877. « Les annexionnistes et le parti du

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désordre étaient concentrés dans les villes et les villages miniers. Au milieu de cette confusion , le représentant anglais arriva. 11 tomba avec une escorte dans la capitale de cette République effarée. Il ne venait pas pour s'emparer du pays ; il n'était, disait-il, « qu'un conseiller secourable, un ami ». Sir Theophilus garda d'abord un silence énigmatique , recevant des visites, écoutant chacun. Pendant ce temps les troupes étaient en marche vers la frontière. Enfin il parla et ce fut pour prononcer l'annexion. Il est impossible de concevoir une entreprise de conquête menée avec plus de discrétion, plus habilement; et exécutée avec plus de douceur, et en un moment plus opportun. »

Que dire de cette phrase admirative finale sinon qu'elle est exquise.

Lundi, 4 mai. (Durban). Marine Hôtel.

Voici trois jours que je n'ai pas écrit ! Je me lasse de la rédaction de ce journal.

C'est cfue nous devons partir demain, que tous ces préparatifs m'absorbent ; que mon corps est ici et mon esprit ailleurs, loin de cette Afrique du Sud, presque en Europe déjà ; qu'enfin toutes ces villes récentes n'ont plus rien d'inattendu pour moi, rien d'original, rien qui les distingue absolument les unes des autres.

Dans celle-ci, que trouverais-je de particulier à vous décrire? — Sauf quelques somptueux hôtels, vous avez tout vu, vous connaissez tout, magasins, maisons à vérandas, Zoulous, Cafres, Hindous, jusqu'aux prosti-

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tuées françaises, qui pullulent dans les rues, comme à Cape Town et a Johannesburg.

Mais puisque c'est ici le berceau des jinricshaics, la ville d'où ils se sont répandus dans toute l'Afrique du Sud, je noterai cependant le costume extraordinaire de celui qui me conduisit ce matin. Les deux cornes traditionnelles et trois vieux chapeaux de femme, attachés les uns aux autres, flottant derrière son dos comme une queue de Chinois.

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