LB MYSTÈRE DE MADAME PBLLBRIN
pour son caractère loyal, ferait-il expier à sa jeune femme la faute, même ignorée, de sa mère? Elle passa une nuit terrible. Le lendemain, vers midi, madame Dienville arriva tout ensoleillée; elle courut à la chambre de sa mère.
— Je suis veuve pour un jour, dit-elle en l'embrassant; je viens passer mon veuvage avec TOUS deux, mon père et toi I
Madame Pellerin regarda sa fille dans les yeux.
— Tu as tout dit à Georges ?
— Oui, voilà pourquoi il est parti ce matin pour la Belgique.
— Ah ! le grand cœur !
— Oui, c'est un grand cœur, car sais-tu à quoi il est décidé 1 Quand ma petite sœur sera en pension, quand nous irons tous la voir, comme une orpheline que nous te recommanderons, si on jase, il est décidé à laisser croire que c'est plus que sa pupille, et moi je passerai pour une femme magnanime I
Aurore, pour la fille d'un savant, comptait mal, car il eût paru impossible aux médisants les plus décidés que Georges Dienville, qui avait vingt-deux ans, se glorifiât avec vraisemblance d'être le père d'une petite fille de huit ans.
Sd() AUTOUR DX l'amour
Il lui avait dit cela en riant ; elle le répétait sérieusement.
Aujourd'hui madame Pellerin, toujours belle avec des cheveux qui blanchirent vite» est une femme d'une tranquillité si recueillie qu'on la croit heureuse.
M. Pellerin porte beaucoup d'intérêt à la jeune et jolie orpheline qu'il rencontre souvent chez son gendre ; ce n'est pas sa faute si sa femme ne l'a jamais attirée chez eux.
Aurore est heureuse; elle n'a encore que trois enfants, parce qu'il lui serait impossible d'en avoir déjà quatre.
6avrU1885.