VA
C'est use même avant trente ans Et ça pass' la moitié d" son temps A l'hôpital ou Saint-Lazare.
Quand ça décarre, Ça voudrait pouvoir travailler.
Mais ça n* connaît plus son métier
D' fleur d'atelier !
Bientôt, ça n'est plus bon à rien , Ça s'énivr" pour tuer !" chagrin.
Et ça s'en va la pauvr' vieillotte
Portant la hotte î Puis ça crève sur du fumier En proférant c' blasphèm' dernier.
Fleur d'atelier !
Ces darpes
^eô Oc7incô
Musique de Alberl Ciumai.iiI.
Dès qu'en puisance de mari
Elles sont ces dames, tout change ;
Ce n'est pas l'amour sans mélange,
Le doux et charmant petit ange,
L'objet aimé, l'être chéri ;
Au lieu d'être douc's, poétiques,
Ell's deviennent teign's et sceptiques ;
Dit's leur qu'ell's sont anti-pudiques,
Ell's vous répond'nt : monsieur, j' m'en fous î
Ces dam's sont charmant's avec nous.
Ell's avaient des épanchements Si purs, si doux, étant novices, Qu'ell's buvaient à tous les calices L'amour aux enivrants délices En de vierges attouchements ;
Edition do la maison (JiUM.\Lni,4o, boulevard de Strasbourj^^
M.'iru' s (Ils s(jiil froid's comme un" douche : Il II iiuincju rait plusqu* çà qu'unies louche! I\M s éclat raient comme une cartouche lui vous traitant d'vieux ramolli.
Ces dam's ador ni tant leur mari !
l'élis se donnaient touts âme et c<eur Dans les premiers temps d" leur mariage. Étaient l'ang' gardien du ménage :
Comm' l'oiseau se plaisaient en cage Et d' l'adultère avaient horreur :
Maint'nant ell's sont lass's d'ètr' honnêtes ; Elles n'en font plus qu'à leurs tètes, Prétend'nt que les homm's. ces bonn's bêtes. Ont bien d' la chanc' d'être cocus.
Ces dames ont tant de vertus.
Elles rêvaient des jours bien doux.
Heureus's en leurs candeurs charnelles, Croj'aient aux extas's immortelles, Aux fidélités éternelles Et n' sortaient pas sans leur époux ;
Mais Jassé's d' se conduire en sainte, Au moindre mot, la moindre plainte, EU's vous dis'nt à l'heur' de l'absinthe J' vais fair' ma parti' d'écarté.
Ces dam's ont tell'ment d' chasteté.
EU's n'avaient aucune ambition, N'aimaient qu' la cuisin', la couture, Que c'était douce sinécure Qui les rendait plein's d'attention ; Maint'nant philosoph's comm' Socrate, EU's veul'nt ètr' méd'cin, diplomate, Prétendant qu' l'homme est un cul d' jatte Qu'a les foi's blancs et qu'a trop le trac ! Ces dam's ont vraiment d' l'estomac.
Les iporpljinonjapes
Z6^) motphiiiomaiieù
A la morphine chaque jour, Elles se piqu'nt avec amour Chaqu' parti' du corps tour à tour, En vicieuses courtisanes ; Dans cette infernale hqueur Elles croient trouver le bonheur Que lamour fait naître en le cct'ur, Les morphinomanes.
Les yeux profondément cernés, Hagards, vitrés et consternés, Les traits tirés, bleuis, fanés.
Des regards mornes de profanes, Elles s'en vont, les reins voûtés, TeH'ment elles sont éreinté's, Chancelantes de voluptés, Les morphinomanes.
~ Wi -
Ivre de vices, de désirs.
Convoitant de nouveaux plaisirs Qu'elle éternise de soupirs 'Irès meurtriers, elle se damne.
Elle se pique, à tout moment, A In gorge, aux seins, puis au flanc.
l!lle aime ce poison violent, La morphinomane.
La morphine est sa passion :
Qu ^Jcjuefois dans la pâmoison Elle perd jusqu à la raison ; Tant elle s'éreinte et se vanne ,
Son cerveau d'vient tellement étroit Qu' chaqu' jour de plus en plus ell" boit ^ ^' Le poison que son corps]reçoit.. .
La morphinomane.
Et la meurtrière liqueur
Qui lui ravage jusqu'au cœur
Pour elle est 'pleine de saveur;
Du ciel, du bonheur c'est la manne.
C'est livressG qui fait bondir, La torture qui fait frémir, Qui fait trembler, qui fait souffrir La morphinomane.
De l'orbite, parfois, ses \"eux, Ses 3'eux vitrés, cadavéreux, Sortent terriblement hideux.
Kl le même, hélas ! se condamne ; Kir se suicide avec dessein Tant et si bien cju un jour, enfin, l'^ir devient son propre assassin....
La morphinomane.
Quel sinistre empoisonnement Kt quel martyr cruel et lent Qu'il faut subir atrocement Pour tant d'horreur qui la décharné Allons, jette au loin ton poison ; Femme retrouve ta raison Que l'Amour soit ta passion.. .
() morphinomane.
DésilUision
"l^édillihuoii
Un jour je voulus insensible femme, Chercher une flamme Dans votre (eil si bleu ; Mais, je n'ai. Madame.
Trouvé, sur mon âme, Qu'un fover sans feu.
Je voulus, un jour sur votre front rose, Frais comme une rose, Servir un baiser ; Mais, du mal éclose La fleur, triste chose, Semblait reposer !
Un jour, je voulus sur vos seins di voire, A deux genoux, boire Le nectar divin ;
Mais, à n'y pas croire, J'ai savouré noire Lie f\cre du vin.
Un jour je voulus yaulLr,iiia miyn(jimL', Vos mains de Madone D'un baiser brûlant ; Mais d'une lionne Je vis, j'en frissonne, Les griffes de sang...
Je voulus, un jour, manger la cerise D'une bouche éprise Au parfum de miel ; ? Mais, quelle surprise !
Et quelle méprise !
Je buvais du fiel.
Ca-^"
L'exciirsionpiste
(L 'excin^)iojinidte
Un jeun' dotard de dix-huit ans Avait r pépin, à chaqu' printemps, D' visiter les sit's d'Italie, D' la Bretagne ou d' la Normandie.
Chaqu' jour sa nostalgi' prenait Des proportions qui dépassaient Tout's les born's de l'intelligence; Au point qu' c'en était d" la démence !
Or, comme il avait au I.atin Un' maîtresse, un ancien trottin, Eir jura d' lui fair', sans naufrage, Passer le pépin du vo3^age, Car dans tout cela, c'est certain, Eir voyait un plaquag' sans fin Et ça n' faisait pas son affaire, Eir qui n'était pas millionnaire.
I*niii- lors, cil' dit ;'i l'I-ltudiant
Quêtait encor très innocent :
Puisque f.'iim" tant qu' ça la nature,
Je me charg', sans mésaventure,
De f fair" voir des sit's merveilleux.
Des golfes, des monts radieux,
Des grott's, des cascad's, et mieux qu' ça.
Même la chut' du Niagara.
Le jeun* bahutien tout joyeux ^, Lui dit : je ne demand' pas mieux ;
' ^ Et r lend'main chacun d'eux détale
Ayant pour tout bagage un' malle.
Ils débarquèrent sans façon A Tous deux dans l'Il' deRobinson
^ ^ Et là, sans valet ni soubrette.
Us s'enfermèr'nt dans un' chambrettc
Alors, en roublard' qu'elle était, Chaqu' jour sa maîtress' lui montrait Des sinuosités palpables :
Pendant leurs excursions durables
Lui^ n" pouvait plus en croir' ses yeux Et n'voulait plus quitter les lieux ; C'était pour lui si beau spectacle Qu'il ne craignait aucun obtacle !
Elle lui fit pendant quinz' jours Tout visiter, mèm' les détours, Et cela, comme bien l'on pense.
Aidés d'une carte de France.
Ils n'oublièr'nt pas un recoin, Et cela jusqu'au plus p'tit coin.
Les sit's touffus, ce ciu'il préfère, Le Mont Blanc et la p'tit' Rivière
L'excursion dura près d'un mois Sans accident, sauf que parfois On s'était donné quelc[ue peine Pour franchir des cimes hautaines, Escalader quelques ravins Et arriver jusqu'à leur sein ; Bref, lui guéri, d'humour jovinle On regagna la capitale.
*iiA)
Tous k's ('tudianls du l.atin |]n le voyant certain matin.
A tour de roi', comm' c'est l'usage.
Le questionnèr'nt sur son voyage !
A h 1 n' m'en parlez pas qu'il leur dit : J'ai vu tout 1' Xord et tout 1' Midi !... Et, chos' rare, au sommet d'un" dune A moins d'un mètr" j'ai vu la lune î
stances au baiser
^Staiice^ au bai^^ct
A Madeinois('IU> Miidclciiic DuuAsr
Immortel et divin baiser, Fleur de 1 âme et de la jeunesse, Douce image de la tendresse.
Toi qui donnes Ja )3ure ivresse Au cœur tout prêt à s'alïoler ; Sois doux comme est douce la brise Baiser d'amour, baiser brûlant, Toi par qui commence et se brise L'Idylle dont chacun se grise, Dans 1 avenir et le présent.
Pur baiser, par toi nous entrons Innocents dans la grande vie :
Tu nous berces jusciuà l'envie.
Maître des heures de folie Et des minutes de raison :
'l'ii f.iis nos rires et nos larmes:
Tu lais les tempêtes du Cdrur Kt tu poétises les charmes Dont tu nojs enfièvres les âmes l*ar ton adorable douceur.
Qui, sans toi, fermerait nos yeux,
A I instant de plier bagage
Kt d affronter le grand voyage.
En toute saison, à tout âge.
Avec tes éternels adieux ?
En attendant, donne 1 ivresse
Aux lèvres de tous les amants :
Ah ! donne leur avec largesse
L'immortelle et folle jeunesse
Afin qu'ils aient toujours vingt ans !
L'héritage d'Arleqnin
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Lliciilacjc d\4 tlcqiiiii
Miisiqii(> de I'.aii. M.\iiiMiiî
A iii.i cousihe V.ws KSTi \ K 1 î i;?<s.i in i- .
La gentille Pierrette, un matin de dimanche. Les yeux rouges, semblant avoir beaucoup pleuré. AN'ant mis robe noire au lieu de robe blanche, Et sans Heur au corset, de par la ville errait. Arlequin qui la vit, lui dit : 6 ma divine ! Où diable courez-vous, noire comme la nuit? Vous avez du chagrin, la chose se devine. Si je puis Tcilléger dites-moi votre ennui.
Pierrot est mort cette nuit 1
Demain on le porte en terre
Et je ne sais plus que faire.
Pierrot est mort cette nuit \
l'.dilion do la maison Ondot. 83, faubourg Saint-Di-iiis.
r);ili ! Cl' n'est (jiu- ccl.i, ce n'est point grosse affaire: \'oyez le «^rand malheur, dit \rlequin moqueur. Pour un amant perdu, il vn est cent sur terre Oui viendr(>nt, sans tarder, prétendre à votre oeur. — .le ne puis rien pour vous — Maisj'y pense, ma chère! I.e gueux avait, dit-on. terre de bon produit : l\'Lit-ètre ma-t-il fait son heureux légataire. Ne perdons pas de temps, ma belle l'heure fuit.
Pierrot est mort cette nuit !
Demain on le porte en terre :
11 faudrait voir im notaire.
Pierrot est mort cette nuit :
Et les \'oilà, tous deux, allant dun pas agile. Cherchant du tabellion l'adresse dans Paris. Mais la nuit les surprit, étant sans domicile, Pierrette pleurnichant, prenant des airs contrits. Or. Arlequin lui dit d'une façon très tendre : J'ai chez moi. mon enfant, un bon dîner qui cuit : Acceptez mon logis, nul ne peut vous surprendre Kt la chose, entre nous, ne fera pas de bruit I
Pierrot est mort cette nuit !
Demain on le porte en terre :
C'était un piteux compère.
Pierrot est mort cette nuit !
Le lendemain matin, alors, suivant l'usage, Devant le magistrat le testament s'ouvrit ; C'était un parchemin. En philosophe sage, Ironique et profond, Pierrot avait écrit : te Connaissant qu'Arlequin à tout péché s'arrête, u Pour le punir d'avoir volé le bien d'autrui, « Je ne lui laisse rien, mais lui lègue Pierrette, u Ce qui ne change rien aux choses d'aujourd'hui
Pierrot est mort cette nuit !
Demain on le porte en terre,
La tombe lui soit légère 1
Pierrot est mort cette nuit !
Saison damants
•^Ji^
?Sa/.)o/; du mailla
Musique d(> lî. Hoiss A(;oi.
A mon jeune ('lèxc Paul Daiuki..
Mimi, réveille-toi bien vite ;
Les bleus clochetons de nos champs
Sonnent l'Angelus du printemps.
Je ne sais pas ce qui m'agite ;
Mimi, réveille-toi bien vite.
A l'horloge des amoureux
Il est midi moins deux.
Mimi, défais ta chevelure ; Laisse-la tomber sur tes seins.
Car j'ai de sensuels desseins Et ne sais ce qui me torture.
Mimi. défais ta chevelure, Entr'ouvre les rideaux du lit :
,1e crois qu'il est midi.
l'.dition de la mais(Mi r.Ei'.vr.K, -^. passage de llndustrit'
- 'JTO —
Miini ne sois pas si gourmande.
lu |)(»urr.iis mourir sur mon caiir Abusant par trop du bonheur Pardon si je te réprimande:
iVIimi, ne sois pas si gourmande, (iardons du plaisir pour plus tard Il est trois jicurs un quart.
Mimi, cache ta bouche rose.
Ta gorge, tes seins, enfin tout Ce qui m'irrite et me rend fou.
Hill^î Je suis un avocat sans cause.
''îx Mimi, cache ta bouche rose,
v^^ Ainsi que moi tu peux le voir.
\K 1! est six heur's du soir.