MONTALEMBERT
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Les signatures de complaisance
Il y a quelques années, un hôtelier chassé d’une grande ville parce qu'il y tenait mauvaise règle, achetait à X...
une maison, qu’il se proposait de convertir en hôtel.
La maison achetée, il fallait à B.. 5 pour obtenir sa licence, un certificat de vinq-cinq électeurs municipaux attestant qu’il était honnête, sobre, de bonne réputation, ete., ete. On signe généralement ces sortes de certificats par complaisance ! Mais B... avait la réputation tellement avariée que les cumplaisants ordinaires, pourtant peu scrupuleux, hésitaient à signer. Son voisin était un marchand assez à l’aise, possédé de l’ambition, bien légitime d’ailleurs, d’augmenter sa petite fortune. Il signa sans hésiter et se mit sur le chemin pour obtenir les signatures nécessaires, sous le prétexte qu’un hôtel attire le eommerce. , Encore un de ces bêtes préjugés qui tendent à disparaître :
B... obtint sa licence, grâce au travail et à l'influence de son voisin.
Notre marchand avait un fils unique de vingt-deux ans. Il assistait son père dans son négoce. Travailleur intelligent,
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plein de bonne volonté, il se laissait cependant facilement entraîner.
I1 devint bientôt un des habitués de l'hôtel de B....Il n’y passa d’abord que les soirées, puis bientôt il y fit de fréquentes visites tout le long du jour.
Bref, au bout de six mois, il devint ivrogne et débauché. Peut-être avait-il l’appétence, qui est si dangereuse quand on n’y prend garde ? Un soir qu’il faisait le tapage dans l’hôtel et ennuyait les clients, B. le jeta à la porte. Il s’engagea sur une voie de chemin de fer, tout près de là, probablement pour se rendre à un autre hôtel. On le trouva le lendemain matin, le corps affreusement mutilé. Un train avait passé sur lui !
N'êtes-vous pas tenté de croire que c’était là une punition du ciel pour le malheureux père ?
Quelle responsabilité pour celui qui signe le certificat de licence d’un hôtelier indigne ? Les mères, les épouses, les enfants des victimes de cet être sans coeur ne peuvent-ils pas lui reprocher leur triste sort ?
Prenons done la résolution de ne jamais signer ces sortes de certificats sans être certains que le candidat est honnête, sobre, de bonne réputation et parfaite-
ment qualifié pour tenir un hôtel !
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Une distinction à faire
Certaines sociétés religieuses, comme les Congrégations de la Sainte-Vierge, certaines associations de secours mutuels et sociales, comme la Chevalerie de Colomb, ete., etc., refusent d'admettre au nombre de leurs membres les hôteliers Où ceux qui vendent l’alcool au verre.
Plusieurs se demandent : pourquoi faire cet affront à toute une classe de commerçants ? Un hôtelier ou un buvetier peut être tout aussi honnête, bon chrétien, charitable, qu'un marchand d'images saintes ou de livres de piété.
Ici, je crois qu'il y a une distinction assez sensible à établir.
Nous rencontrons tous les Jours des hôteliers ou des buvetiers à qui on ne peut rien reprocher...à part leur négoce. Nous voyons assez souvent des marchands de choses saintes qui sont plus ou moins honnêtes,
Seulement, quelque svit le degré d’honnêteté de ces derniers, leur commerce en soi ne fait de tort à personne.
Si nous admettons que le bilan de l’a]l- Cool se compose de meurtres, de suicides, de hontes, de la verte des âmes, de ruines de toutes sortes, etc., ete., pouvonsnous logiquement admettre jue le coin-
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