JULES SIMON
Je suis convaincu que, pour la plus grande partie des hommes, l’abstinence est le seul moyen d’assurer leur salut.
Cardinal MANNING
De quelle manière peuvent-ils ?
De quelle manière les laïques peuvent-ils aider à la croisade anti-alcoolique ?
Tout citoyen, quelque soit son peu d’influenee, l’état minime de sa fortune, peut aider d’abord en s’abstenant.
L’alcoolisme est pour beaucoup dû à la mode. Si ceux qui ne prennent qu’un coup, deux coups par jour, ou encore un coup par-Cci par-là, si les modérés, comme on les appelle, s’abstenaient de prendre de l’alcool, ils donneraient à leurs enfants, à leurs amis, à leur entourage, un exemple qui serait bientôt suivi.
Ensuite, chacun devrait travailler dans la mesure de ses forces à faire disparaître les hôtelleries et les épiceries où l’on tient mauvaise règle. Il incombe aux conseils municipaux, il est vrai, de faire observer les règlements de police.
Mais n'est-il pas du devoir de tout citoyen honorable de porter à la connaissance du conseil municipal ou de la police les infractions à la loi commises sous ses yeux? Avec des preuves indiscutables en nains, les conseillers municipaux seraienc forcés d’agir.
Un correspondant qui signe Nature suggérait dans l’Avenir du Nord, l’année
Des ei EC
Le De be 53,
SE me
dernière, un autre moyen de dompter l'alcoolisme qui aurait à’excellents effets, si les patrons, les maîtres qui emploient des ouvriers, des domestiques ou des apprentis, voulaient les mettre en pratique.
C’est par l'honneur, dit Nature, qu’on touche l’homme, c’est par l'intérêt qu'on le conduit.
Mettez en présence deux partis. D'un côté, le patron, l’employeur, de l’autre, celui qui a besoin de travail.
Que le patron, à l’avenir, à mesure qu’il se produira une vacance parmi ses employés, ne prenne à son service que des abstinents.
Le jeune homme qui a du coeur et l’ambition de se créer un foyer n’abandonnera-t-il pas tout de suite une habitude qui n’est pas encore invétérée chez lui pour obtenir une bonne position ?
Comme on le voit, il n’y a pas un laïque, fut-il le plus humble journalier, qui soit incapable de faire quelque chose pour aider la croisade de tempérance.
Que chacun aide donc d’après sa mesure de capacité.
Chaque débit de boisson est une serre chaude où germent les maladies, le crime, le paupérisme et tous les fléaux qui assaillent l’humanité et la classe
ouvrière en particulier.