‹ Autour de la buvette [microforme]Chapitre 12 sur 53 · WALTER SCOTT · texte numérisé non relu

WALTER SCOTT

D'une façon générale, quelque robuste que soit la constitution d’un vé::table alcoolique, sa vie ne peut se prolonger au-delà de dix ans. Le plus souvent, il meurt au bout de quatre ou cinq ans.

L'abbé CAMILLE RACT

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La faute du père

Personne ne devient instinctivement ennemi de l’alcool. Il faut une raison, une partance, comme on dit vulgairement. Les uns l’ont trop aimé autrefois, il leur a joué de mauvais tours.

Il les a peut-être ruinés, jetés dans le chemin, que sais-je ? D’autres ont eu des pères, des frères, des parents alcooliques qui ont jeté sur eux honte et déshonneur. Enfin, chacun a sa raison pour haïr l’alcool.

Le docteur Georges Petit raconte comme suit comment il reçut sa première leçon anti-alcoolique :

‘ Quand j'étais un tout petit garçon, là-bas, dans ma province, il y avait sur une petite chaise un être qui me faisait peur....il n’avait pas d’âge apparent; crétin et épileptique, je l’ai vu tomber de sa chaise en proie à ses crises. Que de fois cette vision a hanté mes rêves d’enfant. Comme une loque humaine, il ne semblait rieu comprendre à la vie, un cri rauque était pour lui son expression de joie ou de désir. Nous le plaignions, car sa mère était veuve, le père étant mort de froid dans la neige où l’ivresse l’avait jeté pendant une nuit d’orgie.

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‘* Cet être bizarre, terrifiant, vivait-il, sou‘frait-il ? J'étais trop jeune pour le comprendre, et cependant je me souviens qu’un jour, comme nous étions très gais, très remuants, très joueurs, lui entendant nos rires se mit à glapir, puis il essaya de se lever, de tendre la main vers nous, et n’y pouvant parvenir, il resta immobile... De ses yeux ternes et vides, deux grosses larmes silencieuses coulèrent sur ses joues de souffreteux.

‘° Je courus me jeter dans les Jambes d’un grand qui nous gardait et qui, pour me consoler, me dit : ‘* N’aie pas peur...

il n’est pas méchant. . .il paraît que c’est la faute de son père.”

‘* Plus tard, je compris ce que voulaient dire ces paroles et je me mis à hafr l'alcool ?? !

La faute du père !

Combien y en a-t-il, hélas ! de pauvres enfants épileptiques qui, s'ils gavaient plus, pourraient répéter : C’est la faute du père !

L’épilepsie n'’est-elle pas une des plus tristes maladies qui affligent l’humanité ? On enferme l’aliéné, on l’empêche de nuire à la société. La loi lui défend même le mariage. Mais l’épileptique jouit de tous ses droits politiques, de toute sa liberté. Bien plus, ïl peut se marier, faire souche.

Dans soixante-quinze eas sur cent d'épilepsie qu’on vous mettra sous les

yeux, si vous avez la patience de remonter à la source du mal, vous y verrez l’alcool. Plus un pays consomme d'’alcool, et surtout d’absinthe, plus il a d’épileptiques. Les statistiques prouvent cela à satiété.

Le docteur Petit, dont j'ai parlé tantôt, va encore plus loin. Il affirme que l’absinthe engendre l’épilepsie, et que l’absinthique, épileptique à son tour, engendre des enfants épileptiques de uaissance.

N'êtes-vous pas sam d'épouvante à cette pensée ? Ne risquez-vous nas tous les jours de vous alcooliser ? N'avez-vons pas peur d’engendrer des martyrs dout la seule présence sera pour vons un reproche de lâcheté, de crime ?

L'alcool use la vie très vite, vieillit avant l’âge et marque comme avec un fer rouge, les traits de celui qui abuse de cette boisson empoisonnée. L'’alcoolique à 40 ans est plus usé que le sobre

à 60 ans.

PAUL PUGNIERE

Un pilote, un cocher, un magistrat, un général d'armée, et tous ceux qui ont autorité pour gouverner, ruinent et renversent tout ce qui est confié à leur conduite, lorsqu'ils s’enivrent.

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