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Coincidences frappantes
On lit parfois des nouvelles fort suggestives dans nos journaux quotidiens.
L'un d’eux publiait, pas plus tard qu'’hier soir, les lignes suivantes que lui envoyait son correspondant d’une paroisse pas très éloignée : ‘“ M. X... notre populaire hôtelier, qui depuis dix ans tenait l’hôtel des G G G, a acheté la superbe résidence de madame B. M. X se retire des affaires après fortune faite. Il va prendre un repos bien mérité après le travail ardu auquel il s’est livré depuis dix ans.”?
Dans la même correspondance, quelques lignes plus loin, on lisait :
‘“ On a conduit hier soir à l’asile de B. un pauvre diable bien connu dans notre paroisse. Il y a à peine quinze ans, son père mourait en lui laissant un beau magasin et deux bonnes terres.
H...faisait usage de boisson. Il a bu en moins de dix ans tout ce que son père avait si péniblement amassé. Depuis quatre ou cinq ans, H... était à la charité publique. Quand il pouvait se ë procurer quelques sous il se hâtait d’al- : ler s’enivrer. Ces jours derniers, il est : devenu subitement fou à la suite d’une
orgie prolongée et on a dû obtenir son internement à B.”’
Ces deux faits divers, à première vue si insignifiants, ont ouvert dans mon esprit tout un monde de rapprochements.
Voyez-vous ce jeune homme qui hérite d’un magasin, de belles terres, qui a de la fortrre, qui n’a pour aïinsi dre qu à se laisser vivre ? untouré par äe faux amis probablemer', il x mené ja-uus2 vie ut a dépensé ranid<n.ent sou Lien. De cuute en chute, le ve:là à l'asil:
Cet hôtelier qui se retire des affaires, fortune faite après dix ans, je parierais que c’est lui qui a englouti la fortune de notre jeune homme.
N'est-ce pas qu'on trouve matière à toutes sortes de rapprochements dans les colonnes de nouvelles de nos quotidiens ?
Chaque fois que j'apprends qu’une famille est tombée dans la misère, et que j’en recherche la cause, je trouve la boisson.
Quand je visite les prisons, et que je demande aux malheureux qui s’y trouvent comment ils y sont arrivés, ils me répondent presque invariablement : ‘‘ par la boisson. ??
Mgr IRELAND
Le vice de l’intempérance est le plus honteux des vices humains.
SAINT THOMAS
Conséquences fatales
N'est-ce pas pour les pères alcooliques qu'a été écrite cette terrible sentence du Décalogue : ‘‘ Je punirai l'iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération ?’ ?
Des statistiques bien établis prouvent, en effet, que les familles d’alcooliques s’éteignent à la troisième ou à la quatrième génération.
Suivez avec attention les démonstrations suivantes. Elles sont de nature à faire frémir ceux qui ont à coeur de perpétuer leur sang et qui cependant font abus d’alcool.
Un aliéniste français de marque, le docteur Morel, de Rouen, résume ainsi l’action de l’alcool sur les familles : 1ère génération, dépravation morale et excès alcooliques ; 2e génération, ivrognerie habituelle, accès de manie et ramollissement cérébral ; 3e génération, hypocondrie, mélancolie, suicide, homicide ; 4e génération, imbécilité, idiotisme, stérilité, extinction de la famille.
Le docteur Demme, médecin en chef d’un asile d’enfants à Berne, a observé, pendänt douze ans, deux groupes de dix familles chacun. Dans le premier groupe,
les pères et mères étaient des alcooliques ou tout au moins des buveurs notoires. Dans le second groupe, au Contraire, les parents étaient sobres. Ces vingt familles appartenaient à la classe ouvrière et les pères faisaient à peu près le même ouvrage. Le groupe des dix familles de buveurs comprenait 57 enfants. 25 moururent en bas âge, dans les convulsions ; 6 furent idiots ; 5 étaient nains ; 5 devinrent épileptiques ; 1 eut la danse de Saint-Guy ; © vinrent au monde contrefaits. Il en restait donc 10 bien portants. Le groupe des dix familles sobres comprenait 61 enfants. 5 moururent en bas âge ; 4 eurent le système nerveux affecté ; 2 étaient contrefaits de naissance. Bien portants : 60,
Le résultat ne vous frappe-t-il pas ?
Le groupe alcoolique, sur 57 enfants, n’a pu en développer que 10, soit 17 par cent. Le groupe sobre, lui, sur 61 enfants, en donne 50 à la société, soit 82 par cent.
Le docteur Legrain, un des chefs les plus autorisés du mouvement anti-alcoolique en France, a étudié 518 individus, descendants d’alcooliques. Ses observations sont navrantes. Ces malheureux, .à la première génération, sont des dégénérés, des convulsivants, des tuberculeux, des ivrognes. A la deuxième génération, le mal augmente : débilité
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mentale, idiotie, absence de sens moral, mortalité infantile et partant anéantissement de la race. La plupart de ces 518 descendants d’alcooliques ne purent atteindre la troisième génération.
Citons ici la triste histoire d’une des familles étudiées par le docteur Legrain.
L...,alcoolique, a un fils, qui devient alcoolique lui aussi dès l’instant où il goûte à l’alcool. Ce dernier se marie et a 12 enfants. Les cinq premiers meurent de convulsions entre cinq mois et deux ans. Les trois suivants meurent également de convulsions à 2 ans ; 5 et 4 mois. Le neuvième est épileptique, alcoolique, a l’impulsion au suicide et la perversion sexuelle. Le dixième est ivrogne et impotent. La onzième a des crises affreuses d’hystérie. La douzième est nerveuse et libertine. Elle ‘+ait déjà débauchée à 13 ans.
Doit-on conclure de ces constatations que les enfants d’alcooliques sont fatalement voués à l’alcoolisme ?
Non, mais à la condition qu'ils n’approchent jamais de leurs lèvres un verre d’alcool. S'ils goûtent à cette liqueur maudite, ils seront hélas ! irrémédiablement perdus.
La tempérance dans le boire est la santé de l’âme et du corps.