‹ Autour de la buvette [microforme]Chapitre 50 sur 53 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

APPLIED IMAGE Inc

1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fax

La plaie des cabarets

On compte en France à l’heure actuelle plus de 500,000 débits de boisson. En 1889, il y en avait à peu près 350,000.

C’est une augmentation de 140,000 en vingt ans. Elle va bien la République!

Paris seul compte 30,000 marchands de vin, soit un pour moins de 20 électeurs et de 80 habitants. En Normandie, la situation est encore plus triste.La moyenne des cabarets est de un pour 16 électeurs et 66 habitants. On cite même en Bretagne une commune où il y a 52 débits pour 850 habitants, soit un pour 5 électeurs. Roubaix comptait, il n’y a pas très longtemps, 2,050 marchands de vin pour une population de 110,000 habitants. On parle d’une rue de 200 mètres à Halluin qui compte 56 cabarets sur 70 maisons.

A quelles causes doit-on attribuer cette multiplication rapide des cabarets en France ?

Une étude de M. Alfred Perrin, publiée dans l’Univers, de Paris, nous donne d’amples renseignements à ce sujet.

Autrefois les cabaretiers étaient astreints à une très sévère règlementation.

En 1536, François ler édictait contre

eux des peines répressives qui comportaient, par gradation, la prison au pain et à l’eau, les coups de verge devant la prison, la fustigation en public, l’amputation d'oreilles, l’infamie et le bannissement.

En 1554, une ordonnance de la Cour du Parlement de Paris fait ‘‘ inhibition et défense à tous taverniers et cabaretiers d’icelle ville et faubourgs d’asseoir et recevoir en leurs dits cabarets aucunes personnes demeurans ei résidens en la dite ville depuis la Saint- Remy {ler octobre) jusques au jour de Pasques, après sept heures du soir.’

Un décret du 29 décembre 1851 exigeait, pour l'ouverture d’un cabaret, l’autorisation administrative, sous peine d'amende et de prison. Il règlementait très sévèrement la fermeture aux heures indiquées, non seulement de telles et telles salles du cabaret, mais de tout le cabaret et les consommateurs eux-mêmes pouvaient se trouver atteints.

Mais le parti républicain, sentant quelle force électorale pouvaient lui donner les cabaretiers, fit la loi du 17 juillet 1880, qui abolissait le décret de 1851.

Cette loi de 1880 permet à n'importe quel individu d’ouvrir un cabaret après déclaration préalable à la mairie, quinze jours auparavant.

On ne demande plus ‘‘ l’autorisation’’

UE

comme en 1851; on fait simplement une ‘* déclaration.

Il n’est donc pas étonnant que le nombre des cabarets en France soit au- Jourd’hui d’un demi-million.

Que de gens se croient sobres parce qu’ils ne poussent Pas la consommation de l’alcool jusqu’à l'ivresse, et qui cependant présentent à l'oeil attentif du médecin les signes non équivoques de l’empoisonnement alcoolique qu'ils peuvent parfaitement transmettre à leurs enfants comme tare héréditaire.

Dr DE VAUCLEROY

S l’on pouvait supprimer complètement les boissons alcooliques, on aurait peut-être supprimé une parcelle de l’alimentation, mais on aurait rendu un immense service à l’humanité.

Dr CHS RICHET

Un médecin d’un asile d’aliénés, en France, a étudié 83 enfants idiots et épileptiques de son service; 60 d’entre eux étaient fils d’alcooliques.

Page 1