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QUE L'ALCOOL NE PRESERVE PAS DES MALADIES CONTAGIEU- SES

Alors pourquoi en fait-on usage ?

Je donnerai un gros livre à celui qui me donnera une réponse sensée à cette question.

Donnons l'exemple !

Nous rencontrons très souvent des personnes bien intentionnées d'ailleurs qui refusent de faire partie de nos Ligues antialcooliques ou de nos Sociétés de tempérance parce qu'elles ne font pas usage d'alcool.

A ce compte là, une Société contre la tuberculose ne devrait être composée que de tuberculeux ? Une Ligue contre l'immoralité ne devrait comprendre que des souteneurs et des femmes légères ?

On le voit d'ici, cet argument ne vaut pas grand chose.

Le gros bon sens ne nous dit-il pas que l'initiative de la lutte contre l'alcoolisme appartient surtout aux sobres?

Quel sacrifice y a-t-il, d'ailleurs, pour un homme qui ne boit pas à entrer dans une Société de Tempérance ? L'exemple qu'il donnera ne lui coûtera pas un gros effort.

L'abstinent, en entrant dans une Société de tempérance, engagera le modéré à s'inscrire, et celui-ci entraînera à son tour le buveur. Le courant se fait ainsi.

N'oublions pas non plus que nos Sociétés de tempérance ont aussi pour objet de préserver. Quel est celui qui a assez de présomption pour affirmer qu'il ne deviendra jamais ivrogne ou alcoolique ?

Donc, hâtons-nous de faire partie d'une Société de tempérance !

Mgr de Saint-Vallier et les cabarets

Mgr de Saint-Vallier, deuxième évêqiie de Québec, comme son saint prédécesseur Mgr de Laval, avait une horreur indicible de la boisson et de tout ce qui s'y rapporte.

Quelqu'un ayant répandu le bruit que Mgr de Saint-Vallier voyait avec satisfaction l'établissement de cabarets dans les paroisses, l'évêque prit la peine d'écrire à tous les curés de son diocèse pour détruire cette fausseté.

" Je ne sais, écrivait-il le 11 janvier 1724, qui peut être assez hardi pour avancer que je suis bien aise qu'il y ait des cabarets dans les paroisses ; j'en gémis au contraire d 'une manière à presser Notre-Seigneur d'y mettre ordre et d'envoyer sur ceux qui veulent gagner leur vie par un commerce si dangereux des calamités qui les fassent rentrer en euxmêmes. C'est pour cela que Notre-Seigneur me donne la pensée de vous écrire, que mon intention est que vous ne donniez pas l'absolution à ceux qui veulent gagner leur vie par ce détestable commerce. ' '

Comme on le voit, ce n'est pas d'aujourd'hui que nos évêques mettent leurs ouailles en garde contre les séductions des cabarets.

Pas d'alcool aux enfants

Pères et mères, qiii voulez faire des hommes de vos enfants, ne leur donnez jamais d'alcool, pas même de bière ni de vin !

Consultez n'importe quel médecin et il vous dira : Jamais d'alcool aux enfants.

L'usage, même modéré, de la bière ou du vin pour les enfants a toujours des conséquences graves. La mémoire s'en va sensiblement, la volonté devient comme paralysée. On a remarqué également que le vin et la bière provo([uent chez l'enfant la tendance à la gourmandise, au vol, à l'immoralité.

L'habitude, d'ailleurs, se contracte si rapidement. Il est vrai que vous ne donnez à votre enfant que quelques gouttes d'alcool, quelques cuillerées de bière ou de vin. Mais qui vous garantit qu'il se contentera toujours de cela ?

Que de parents dont la vieillesse est empoisonnée par le remords d'avoir contri- ])ué par leur imprudence à faire des ivrognes, des alcooliques, de leurs chers enfants 1

A Nimègue, en Hollande, les parents qui ^'ont faire inscrire un enfant .V l'é-

cole, reçoivent de l'instituteur une carte sur laquelle on lit :

" Un enfant ne doit jamais l'aire usage d'alcool, non seulement sous forme de boissons fortes, mais même sous forme de vin ou de bière. L'usage plus ou moins légulier, même en très petitr quantité, de l'alcool, du vin, de la ulère, provoquent chez l'enfant des maladies de l'estomac, des intestins, d;i foie, des reins, du coeur et des vaisseaux sanguins."

Donc, jamais d'alcool aux enfants !

Quant à la bière et au vin, ne leur en donnez que sur l'ordre du médecin.

Et si ce dernier connaît son affaire, iîs n'en boiront pas souvent !

On ne saurait trop faire pour enrayer le mal causé par les progrès de l'alcoolisme. Il est grand temps que la conscience publique se réveille, que le peuple canadien comprenne les dangers qui le menacent, et que tous les citoyens, soucieux de l 'honneur de leurs familles et de la grandeur de leur pays, se liguent dans un commun effort contre l'ennemi commun, l'ivrognerie.

Mgr L. N. BEGIN

Les deux routes

J'ai vu. ces jours derniers. :\ la vitrine d'un marchand d'images, une gravure très belle qui m'a forteni.ent impressionné. Tout au fond, un superbe édifice où le soleil entre à pleines fenêtres. En face de l'immense eonstruetion, une route très large qui, q lelques pas plus loin, se bifurque ; les deux voies nouvelles se dirigeant l'une vers la droite, l'autre v^ers la gauche.

Cette gravure, me semble-t-il, est l'image qui se présente aux yeux du jeune homme qui sort du coUèg.- classique.

Faites votre choix, jeunes amis !

La première, si vous la suivez sans défaillance, vous conduira vers la fortune ,1a considération, les honneurs peutêtre. A coup sûr, en tout cas, elle vous donnera une vieillesse heureuse et la satisfaction du devoir accompli.

L'autre, si vous n'y prenez garde, vous mènera vers la misère, les maladi(-s de toutes sortes, le déshonneur peutêtre.

Encore une fois, faites bien votre choix. Quand on s'engage dans la voie de l'intempérance, l'expérience prouve tous les jours qu'il est bien difficile de

revenir sur ses pas. D 'un autre côté, la route de la tempérance est aisée, agréable, car elle est semée de fleurs ; il n'y a que les premiers pas qui coûtent, et ceux-là je vous affirme qu'ils se font bien rapidement. Que de patriotes rendus au terme de leur carrière se félicitent d'avoir choisi cette dernière voie !

Si les hommes voulaient renoncer à l'alcool, on pourrait fermer les 9 1 10 des prisons,

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