VI PREFACE
lesses du passé s" estompant jusqu'à prendre V apparence de fantômes de joies.
M. Adrien Bernheim est en son genre un apôtre. Il a fondé cette œuvre de propagande artistique et de bienfaisance à la fois qui s'appelle les Trente Ans de théâtre et il a apporté dans le développement de cette création un zèle, une énergie, une vaillance, une bonne humeur aussi, quon ne saurait trop louer. Il a fait servir les chefs-d'œuvre immortels à la consolation des comédiens vieillis. Il a ouvert les coulisses du théâtre sur un dispensaire. Il a fait secourir les interprèles du mélodrame ou de V opérette par les comédiens de Corneille et de Molière. Il reconnaît d'ailleurs — je liens à le constater en le remerciant à mon tour comme il remercie la Comédie-Française — oui, il reconnaît et proclame que c*est la Comédie qui fut sa grande collaboratrice el comme la pierre angulaire de son Œuvre.
Et il Vaime cette Comédie-Française el il la célèbre et il la fait aimer. Il nest pas de ces amis grognons qui prétendent diriger sous prétexte de conseiller ; il est de ces amis dévoués qui, tout prêts à obliger, savent surtout applaudir aux efforts et souligner les succès au lieu de dénoncer les faiblesses. Pauvre Comédie-Française ! Elle trouve des critiques sévères jusque chez ceux qu elle oblige et qu elle joue. Elle fabrique des ingrats, ce qui prouve quelle multiplie ses bienfaits. Elle a pour ennemis ceux mêmes qui lui doivent leur gloire. Dumas fds et Augier disaient Vun el Vautre: « C'est la plus hospitalière des hôtelleries théâtrales. » Et les noms des voyageurs qui y séjournent plus ou moins longtemps, auteurs ou acteurs, sont assurés de ne point périr. Quand ils en ont reçu toutes les récompenses, ils en exploitent l'étiquette.
La Comédie-Française a ses amis fidèles, tels que