‹ Autour de la Comédie-FrançaiseChapitre 2 sur 44 · PREFACE VII · texte numérisé non relu

PREFACE VII

M. Joannidès, son historiographe, ou M. Adolphe Brisson aussi passionné pour la Maison de Molière que le fut Francisque Sarcey, son maître. Elle eut autrefois ses défenseurs parmi lesquels je rencontre — et au premier rang, quel étonnement ! — Félix Pyat en personne, Félix Pyat faisant dans le livre des Cent et Un de Ladvocat léloge de l'institution séculaire.

« Le Théâtre-Français , dit-il, est un monument national et la question de savoir si le Théâtre-Français doit être subventionné du gouvernement est résolue par l'exemple de tous les temps. »

Et dans cet article si important par le nom de son signataire, je trouve des pages bonnes à relire aujourd'hui (elles datent de 1833) et que je tiens à citer :

«. Louis XIV, dit Félix Pgat, lorsque la Comédie-Française n'avait que trente livres de loyer et de pensions à payer par jour, leur fît un don de douze mille livres de rente pour subvenir précisément à couvrir ces trente livres de frais par jour. Du temps de Voltaire dont les tragédies nouvelles jouées par Leckain, Clairon, Dumesnil, et les autres comédiens fameux attiraient chaque soir la foule au théâtre, eh bien ! le roi donnait cinquante-cinq mille francs de pure libéralité, et les loges du roi et de la cour rapportaient plus de deux cent mille francs par an ; et les seigneurs nourrissaient les acteurs, leur fournissaient jusqu'aux habits à paillettes, ce qui fait que depuis on a toujours joué les pièces de Molière avec les costumes Louis XV. Enfin , pendant les troubles révolutionnaires, la Commune de Paris envoyait à la Comédie-Française, faute d'argent^ du bois, de la toile, délimite. Prieur, de la Côte-d'Or, lui fit porter des assignais à pleines brouettes. L'Empereur lui destinait quatre cent mille francs sur sa cassette. »

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