Autour de la maison de P. Corneille
\V)ici lin livre charmant, simple, clair, écrit d'une plume alerte de poète emmanchée dans le scapel d"un médecin, ce qui nous donnera quelques phrases coupantes, rapides coups de bistouri qui feront crier la bêtise humaine hélas sans la guérir! Ces diables de médecins ont tous les droits conférés par Molière.
Coiipandi, laillaiuli, perrandi El occidendi Imimno pcr totain terra ni !
Aussi, notre auteur après avoir
un peu opéré ces badauds qui déposent leurs insanités sur le registre exposé à leurs atteintes et à l'esprit qu'ils essaient d'avoir, va nous souligner avec }')Iaisir les vers bien inspirés, les pensées bien recueillies, les élans entbousiastes des fidèles et religieux passants qui sont venus en pieux pèlerinage à la simple et Auguste ^^ Maison z. de Petit-Couronne et n"(jnt pas pu retenir dans leurs cœurs ces exclamations rimées qui n'égalent pas sans doute, la Maitrise de celui qui les inspire; mais quoi, la tlamme de l'autel n'est pas oblio'ée d'avoir l'éclat de l'aïu'éole du Dieu.
Corneille . d'ailleurs, a connu
le Public de son vivant, il a entendu un des auditeurs de la ^^ première /. du Cid, et. non des moindres. - c'est l'Abbé de Bois Robert, s'écrier à la demande célèbre de Don Diègue :
Uodrigue as-lu du cœur?
Non, je n^ii que du carreau î
Pourquoi v aurait-il moins de sots pour célébrer son immortalité que pour juger son génie vivant?
Le registre peut continuer de s'emplir d'admiratior.s délicates et grandioses ou d'diarantcs platitudes. Tout cela c'est de la gloire î Tout cela, c'est le bruit de la foule. C'est le flot humain et pas
plus que dans le réel Océan, chaque Ilot ne roule pas une perle. Laissez parler tout le public, le dieu reconnaîtra les siens I
Le Docteur écrivain a compulsé, recherché tout ce Cjui intéresse cette Maison sublime avec le soin le plus religieux et le plus lilial.
Il a évoqué avec inspiration des tableaux de la vie privée de ses hôtes au XMI siècle. 11 les lait revivre sous nos veux et. uràce à son cravon magique . voila la petite maison habitée de nouveau ]XU" les deux Iréres-poètes. Ruclic de génie iloiit les abcilh> sont des aigles 1
Cette petite Maison a dit un ]')oètc. c'est l'aire des '' Cnrneillel
Au courant de la phune . la lancette du médecin saigne un peu l'oreille des touristes anglais dont le pitoyable vandalisme conte si cher à nos monuments.
On sent d'après quelques traits que si Tauteur ne se retenait, il ferait une plus radicale saignée à ces lils d'Albion :
Des l)iens des ualioiis ravisseurs allérés Le bruit de nos trésors les a tous aUirés.
Mithridatc. acte III. scène I.
Mais passons 1
Invité amicalement à écrire la rapide prélace de ce petit li\'re. je n'elexerai aucune critique sur aucun de ses chapitres : mais je laisse à M. Hdmond Spalikowski toute la responsabilité du juge-
ment porté sur Polyeucte, l'avertissant le plus simplement du monde que je suis en contradiction absolue avec son analyse et ses conclusions.
Je respecte inliniment la science, je la crois capable de beaucoup de clioses. mais pas de me démontrer que le génie, l'héroïsme ou le martvre sont des lésions cérébrales.
Ceci dit tout est parlait !
lit puisque notre spirituel auteur nous a ressuscité des é\ènements d'autrelois. me permettra t-il à prcjpos de ce même PoKeucte. cjui ne cesse jamais d'être le martyre de tout le monde et de toutes les époques, de glisser ce
vu
tableau dans sa lanterne magique:
C'est Tan du Seigneur 1O42.
Nous passons, un soir, dans une rue de Paris, près du Louvre à Tangle de la rue St-Thonia,s, deux ombres viennent de trancbir la large porte au ricbe fronton armorié d'un botel très célèbre en ce temps. Vn valet va devant, balançant un ialoi au bnul d'un bâton. La conversation est animée entre nos personnages . On ne peut citer les paroles qu'ils disent, ce serait sacrilège de leur prêter le moindre dialogue: mais en A'oici le sens :
l-e o.MBiu-:
Uli ! crrles, r'est une UM'Iint' ([ul' jf n'oublierai lie loaglemps.
VIIÏ
2^"^ OMBRE Sincèrement M. de N'oiture. ?