‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 120 sur 352 · Mémoires, t. I, p. 494 et suiv · texte numérisé non relu

Mémoires, t. I, p. 494 et suiv

G. Ilid , p 498.

u enyvrées de leur fortune estant un éternel exemple à tous « favoris des Roy s pour leur apprendre de se comporter avec « telle modestie qu'ils n'encourrent jamais les tristes événemens <( d'une hainepublique. Car, naturellement, les hommes voient de « mauvais œil l'avancement de ceux qui ont esté leurs égaux, « s'ils ne tiennent reigle et mesure en leur prospérité^ ».

Cette dernière citation de Tacite, l'un des auteurs préférés de Richelieu, était évidemment une allusion à Forigine modeste de Lu^^nes contée par le menu dans les Mémoires ^ ; celle qui rappelait son ingratitude pour la reine mère, sa première bienfaitrice, n'était pas moins discrète ^.

En revanche, l'auteur de la Restauration, se donnait libre cours dans ses louanges à Louis XIII, mais elles étaient, celles-là, choisies avec un tel art et dénotaient une si parfaite connaissance du caractère et des inclinations du jeune roi qu'elles ne pouvaient provenir que d'un homme ayant eu une pratique suivie de la Cour, et dans une situation de quasi-intimité toute spéciale près de la famille royale ; la dévotion du roi, son penchant presque maladif pour la discipline militaire, sa parcimonie, sa simplicité et son horreur du luxe * que nous révèle minutieusement le Journal d'Héroard, toutes ces cordes, l'auteur anonyme de la Restauration les a touchées avec une maîtrise supérieure, et là encore, le nom de Richelieu s'offre le premier à 1 esprit du lecteur.

Plus haut, nous avons signalé l'autorité morale nécessaire pour traiter pareil sujet sous cette forme et avons dit quelle présomption créait en faveur de l'attribution du livret à Richelieu, son ancien titre d'orateur du Clergé aux Etats de 1614, demandant, au nom de son Ordre, la continuation de la Régence ; l'auteur se trahissait assez en rappelant au roi non point le nom de l'orateur, mais ce point capital de sa Harangue ^ ; quel autre, du reste, qu'un prélat et un prélat gallican, mêlé aux controverses

I 1. Le Manifeste, p. 12.

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