Le Manifeste de la Roy ne-mère, p
4 Notons, sans nous y étendre, quelques autres variantes ; deux d'entre elles tendaient à diminuer le relief de la personnalité de Tauteur du factum... « les princes nos voisins » {La Restauration, p. 9) remplacé par « les princes vos
A la suite se présentait naturellement la question de ses propres rapports avecle maréchal d'Ancre ; pour les justifier, Richelieu les réduisait à de simples relations mondaines S et il montrait linjustice d'avoir enveloppé dans cette disgrâce ceux qui « ayant « eu de l'accès auprès de ces Estrangers n'ont jamais pensé de « faire chose indigne de bons serviteurs sur l'ignorance qu'ils « avoient des derniers dessins dont on les a chargez, et pour « lesquels, disait-il, nous voyons aujourd'hui leur mémoire con- « dammée^ ».
En se posant lui aussi en victime du maréchal d'Ancre, rendu responsable des maux de la Régence, et de la politique ruineusement généreuse de la reine mère, sa maîtresse, il se solidarisait avec celle-ci, et il faisait adroitement sa cour au roi en le réunissant avec sa mère dans la fin d'une infortune commune ; mais il y gagnait aussi d'incriminer de façon détournée le nouveau favori ; car il provoquait forcément et tacitement la comparaison entre le nouveau gouvernement et l'ancien, en remarquant, « que la cause de nos malheurs est cessée avec ces deux « victimes d'expiation et que toutes nos discordes civiles sont « noyées et esteintes dans leur sang » ^ ; notons en passant que dans le Capiit apologelicum. ^ comme dans les Mémoires ^, il reproduisait plus tard identiquement la même argumentation, et qu'il inspirait aussi la même tactique à la reine mère en lui conseillant de « faire paroistre une si grande différence entre elle pos- (( sédée par la maréchale d'Ancre, et non possédée, qu'on jugeât « clairement que tout ce qu'on pourrait remarquer d'odieux au « passé venoit de ses conseils ^ ».
Luynes était plus directement touché, par la menace du sort du maréchal d'Ancre et de sa femme, « ces deux créatures ainsi
voisins » (Le Manifeste, p. 7) et « mon avis ». (La Restauration, p. 26) remplacé par « son avis ». {Le Manifeste, p. 18.) Une autre avait trait au prince de Condé ; c'était un correctif apporté par l'épithète indulgente de volontaire à la mention de sa disgrâce [La Restauration del'Estat, 1617 et 1618, p. 9). (Le Manifeste de la Royne-inère, 1618, p. 6.)