‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 125 sur 352 · Mémoires, l. I, p. .'S.'ÎS · texte numérisé non relu

Mémoires, l. I, p. .'S.'ÎS

chelieu avait peu de sj^'iiipathies ; en dehors de sa valeur, son rôle de médiateur entre elle et le roi le désignait à la jalousie des familiers dont il avait à réprimer les écarts d'une violence intéressée à maintenir la désunion entre la mère et le fils ^ ; ceux-là, tels que Chanteloube, Ruccelaï et Sardini poussaient à une rupture brutale devant aboutira la constitution d'un parti politique où leurs personnalités assez obscures auraient pris une importance de nature à satisfaire leurs ambitions. Un auxiliaire avait été cependant nécessaire à Richelieu pour garder contact avec la reine mère et lui servir d'intermédiaire dans ces « allés et venues» <[u'iln'apas niées ; c'est ici qu'apparaît, pour la première fois dans l'histoire de Richelieu, ce serviteur fidèle et dévoué de la reinemère, son aumônier, Mathieu de Morgues, dont nous avons déjà vu le nom, à propos de rAvTiopoTrov, et il y occupe à partir de ce jour une telle place que nous devons ajouter ici sur lui quelques mots.

Mathieu de Morgues, abbé de Saint-Germain, avait été nommé en 1615, prédicateur du roi, à la mort de la reine Marguerite auprès de laquelle il occupait la même charge ; il avait connu chez elle toute une pléiade d'écrivains que nous retrouverons plus tard et qui mettront leur plume au service de Richelieu, Maynard le poète Jean Beaudouin, déjà cité, Scipion Dupleix l'historien, Jean Sirmond, le neveu du Jésuite de ce nom. S'il est seulement vraisemblable que Richelieu l'a connu dès cette époque, ne fût-ce qu'en raison de sa réputation comme prédicateur populaire, il est hors de doute que leurs rapports déjà existants lorsqu'il était au pouvoir, s'étaient resserrés à la chute du maréchal d'Ancre, car, de Morgues, comme lui, avait quitté Paris pour suivre la reine-mère dans l'exil et s'attacher à sa fortune.

En l'absence de tout document, il est impossible de préciser la part qui peut revenir à de Morgues dans la Restauration de F Estât qui lui a été attribuée ^ à tort, comme toutes les œuvres postérieures issues du Cabinet de la reine mère ; mais il est indéniable que cette part a été tout au plus matérielle, que l'ouvrage ait été imprimé soit à Blois soit à Paris, ce qu'il serait pour cela du plus haut intérêt de rechercher.

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