Aveiiei, Lcitres..., t. VIII, p. 24, noie
là, l'intérêt supérieur de la polémique, trop superficiellement étudiée, à laquelle donnait lieu le succès retentissant de ce pamphlet.
Parmi les nombreux factums dont la chute de la Vieuville et la plume de Fancan provoquaient ainsi l'apparition sur le Pont- Neuf ^la plupart sont insignifiants, tels que Le génie de la France et La Voix du Ciel ^, mais il en est deux qui méritent d'autant plus de retenir l'attention qu'ils touchent intimement Richelieu, l'un d'eux pour avoir été écrit sous son inspiration directe, le second pour être son œuvre personnelle ; ils se complétaient du reste trop bien tous les deux, malgré les précautions apportées à les différencier de forme et d'origine, pour ne pas répondre à la double préoccupation de Richelieu, d'une part de se dégager de toute complicité avec Fancan et de l'autre d'affirmer son indépendance.
Le premier : « La Bcsponce à la Voix publique », était dirigé contre le pamphlétaire ; elle le prenait violemment à parti et presque nominativement, en le désignant comme l'auteur de la France mourante et du Mot à l'oreille ^ ; elle lui reprochait avec une acrimonie blessante voulue son humeur maligne, médisante et calomnieuse qui n'avait épargné personne, depuis le maréchal d'Ancre jusqu'aux confesseurs du roi en passant par dej Luynes, le chancelier et Puisieux ; elle reprenait une à une les victimes du railleur, en relevant d'une façon intentionnellement exagérée, et comme en les mettant en relief, les médisances et les calomnies déversées sur eux. Richelieu, bien que venant à son rang après le cardinal de La Rochefoucauld, y avait la plus large part et avec un éloge des plus dithyrambiques *.