Ibid., t. I, p. 212 et suiv
l'importance qu'il attachait à ce point, comme nous l'avons auparavant constaté chez lui, dans l'évêché de Luçon.
La Vieuville n'avait fait que suivre l'exemple de Luynes ^ en se faisant fabriquer une généalogie, mais le Remerciement apprenait de plus au lecteur curieux qu'elle avait été payée l'énorme somme de 3.000 livres prise sur l'épargne, et qu'elle le faisait « impudemment descendre de la Coste de Louis le Gros ^ ».
Le détail est d'autant plus piquant c{ue Richelieu avait plus tard des prétentions à la même origine ^ : il serait curieux de rechercher si un héraldiste complaisant et avide l'avait déjà établie dans son arbre, et si cette usurpation de titre par son ennemi excitait chez lui une indignation doublement motivée par son orgueil de caste et par son ressentiment personnel. Quoiqu'il en soit, il se verra railler, lui aussi, des mêmes prétentions, mais sans que le pamphlétaire fasse rire à ses dépens en présentant cette généalogie comme une douce manie inhérente au titre de ministre d'Etat ; Fancan, il est vrai, ne sera plus là alors, pour exercer sur ce sujet sa plume mordante, mais s'il ne l'a pas écrit, il a peut-être laissé aller .«-a langue, et c'est une parole qui s'est, dans ce cas, ajoutée aux autres griefs que lui fera le Cardinal, en l'envovant à la Bastille.
Richelieu est au pouvoir et c'est ici que devrait se clore la première partie de cet ouvrage ; nous y rattachons toutefois une dernière production qui développe la phrase finale des Remerciements au Rcy et qui marque le souci de Richelieu de s'appuyer sur l'opinion publique en inaugurant son ministère; il avait l'avantage de la trouver d'avance prévenue en faveur de sa première
1. Des Blancs , Héliotrope luynienve (Dsrdenne, Apologie contre îespoliiiques et une briève description delà généalogie de M^^ de Luynes. Paris, 1618, p. 37).
Aucune des généalogies de îa famille de la Vieuville existante la B. N. ne la relie aux Comtes de Dreux (Cf. Dossiers bleus, 667-668; Carrés d'Hozier, 634 ; Cabinet d'Hozier, 333) ainsi que le père Ansdme et Moreri, elles la font remonter seulement à Jean Coskaer gentilhomnie breton qui prit le nom de La Vieuville, une famille très ancienne et connue en Picardie et en Artois, et qui mourut avant 1472.