‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 168 sur 352 · Ihid., p. XI · texte numérisé non relu

Ihid., p. XI

ainsi radicalement des affaires au nom de la France avec laquelle il s'identifiait dans une audace si naturelle qu'elle passait inaperçue ; il s'adressait au roi seul en reportant sur lui tout le mérite du choix de son Conseil et des trois nouveaux chefs des financer qu'il lui avait lui-même désignés... ^

La Restauration de VEtat de 1620 laissait prévoir la lutte future entre la reine mère et Richelieu ; le Remerciement en montre le germe, et à ce point de vue, il est singulièrement instructii et d'une haute importance historique, en ce qu'il affirme la résolution inébranlable de Richelieu de supprimer désormais toul intermédiaire entre le roi et lui, et de se débarrasser toul d'abord de cette chaîne pesante à laquelle il doit, il est vrai, Si fortune, mais qu'il lui est nécessaire de sacrifier, dans son intérêt personnel, aussi bien que dans l'intérêt de l'Etat avec lequel il st confond à partir de ce jour. A ce titre, le Remerciement est un véritable manifeste comme celui de 1620; Richelieu l'a signé du reste comme toutes ses œuvres; sa personnalité est trop accentuée pour que dans ce document de sa main comme dans les autres, i] ne l'ait point laissé percer. Ici, elle apparaît dans son amour-propre froissé par La Vieuville ; dans sa dignité de grand seigneur e1 de prélat, il ne lui pardonne point de l'avoir humilié, de l'avoii traité aussi dédaigneusement qu'il l'a fait en disant de lui, lors des négociations du mariage d'Angleterre, que « ces prêtres-ci me gâtent tout » ^, d'avoir voulu le faire entrer « avec honte dans h conseil, cédant au connétable et au chancelier » 3. Richelieu £ exhalé sa rancune dans un trait qu'il sait en outre devoir touchei particulièrementleroi, le premiergentilhomme de son royaume: Ls Vieuville « odieux à la noblesse dontil est métif », ainsi qu'au tien état dont il est sorti I Voilà un détail qui a échappé à Fancan ; il ni pu venir que sous la plume de Richelieu, aussi fier de sa naissance que de son titre cardinalice ; déjà il avait fait grief à Lu^nes de son « faible commencement », et la façon dontil a appuyé dans ses Mémoires sur les origines modestes de l'ancien favori ^ montre

1. Le Remerciement de la Voix publique, p. xii. Mémoires, t, II, p. 33.3.

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