‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 174 sur 352 · Mercure fr., t. X. p · texte numérisé non relu

Mercure fr., t. X. p

départ de La Vieuvillc, et les restrictions que donne le Mercure au Dzscours qui l'avait provoqué ajoutent encore assez de vraisemblance à l'opinion que Richelieu, s'il a toléré le Discours» n'était pas étranger, cette fois, à la réponse ^.

Le véritable on le moi enamg, sur l Estai présent de ce Royaume paru à la fin de 1624 et dû à Pierre de Lugnet 2, un ancien fonctionnaire de la régence de la reine mère ^, était le premier avertissement donné au gouvernement pour le mettre en garde contre les conséquences de la politique où il s'engageait ; sa forme, d'une modération excessive, empêche de luidonnerle nom de pamphlet, mais elle le rendait par cela même singulièrement dangereux pour le nouveau ministre d'Etat. L'auteur s'adressait à la reine mère dont il n'ignorait pas les sympathies pour l'Espagne et lui rappelait son influence sur le roi son fils reconnaissant des résultats de la Régence ; le double mariage espagnol était son œuvre, ainsi que l'alliance des deux monarchies qui avait consolidé celle de la religion et de l'Etat ; elle devait donc s'opposer à ceux qui voulaient l'altérer, la France étant assez forte et puissante pour n'être point jalouse des progrès de l'Espagne. La défense des voisins et alliés, l'aide et la protection qu'on leur accordait étaient justes en elles-mêmes, mais à condition qu'elles fussent légitimes et que le droit des souverains naturels et la religion elle-même n'en eussent point à souffrir...

Dans une allusion peu voilée, l'auteur représentait d'abord l'injustice et l'impiété de l'assistance donnée par un roi catholique à la Bavière protestante contre le Palatinat ; plus bas, il abordait la question de la Valteline, en la nommant cette fois, mais avec plus de réserves ; si l'oppression de ces alliés ou l'usurpation de leurs biens justifiaient jusqu'à un certain point l'intervention de la France, qui, mieux que la reine mère, était désignée pour

1. « Le dessein et désir de l'Autheur de ce Discours, advoué de plusieurs en « partie et non en l'autre, fit que sur sa proposition d'unir les armes des Cou- « ronnes de France et d'Espagne contre le Turc, on mit en lumière un Recueil « de la double intention qu avaient eue ceux de la maison d'Autriche aux Ligues « Sainctes des Chrestiens contre les Turcs et les raisons pourquog ils criaient tant « contre l alliance des François avec les Turcs.., {Mercure françcUs, t. X, p. 106.)

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