‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 175 sur 352 · Le véritable..., p · texte numérisé non relu

Le véritable..., p

intervenir comme arbitre entre les couronnes de France et d'Espagne, s'entremettre pour apaiser le roi et éviter une guerre dangereuse souhaitée seulement par ceux qui « n'ont d'autre but ■ que de profiter dans la confusion » ? Elle y serait aidée par le K Pape, ce « Père commun » des deux monarques, de même que » par les ministres de l'Etat! Si Richelieu ne s'était point senti fkvisé derrière la reine mère à laquelle il devait sa fortune et qui ^■l'avait imposé au roi, il ne pouvait se méprendre sur l'intention de l'auteur, lorsque celui-ci évoquait avec une ironie discrète l'orientation politique des anciens conseillers de la reine mère et la contradiction qu'elle présentait avec leurs idées actuelles : « Ce serait donc espouser aujourd'hui une forme de gouverne- « ment du tout contraire aux sages conseils de ceux qui vous ont « si fidellement assistée durant vostre Régence s'il falloit voir en « nos jours altérer ce que vous aves si sainctement conservé ^ ». Richelieu ne pouvait pas davantage ne point se reconnaître comme pris à partie cette fois dans « ces ministres de l'Estat, qui «comme tres-illustres Prélats, sont touchez d'un zèle fervent «envers la Religion, pour empescherque l'Heresie ne se prévale (( de la discorde des Princes catholiques ^. » Les sentiments religieux du roi avaient leur tour, et cette corde était touchée avec adresse dans un passage qu'il convient de citer tout entier : « J'ose encores espérer que ce bon Religieux, qui a l'honneur « d'estre Directeur de la conscience du Roy, le rendra si sensible « aux interests de la Religion, que nulle considération d'Estat ne <( le touchera, qu'autant que l'honneur de Dieu s'y trouvera con- M serve ; afin qu'en la qualité glorieuse qu'il possède d'estre fils « aisné de l'Eglise, il surmonte en zèle tous les Princes de la « terre ^ » .

Le libelle se terminait par des considérations politiques d'ordre pratique, l'évocation des maux d'une guerre à l'issue toujours incertaine, et des ruines qu'elle amenait avec l'affaiblissement de l'autorité royale ; après avoir rappelé, en passant, la naïveté qu'il y avait à soutenir des alliés tels que Venise etles Potentats d Italie qui ne désiraient comme toutes les nations étrangères « d'estre

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