‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 194 sur 352 · Avenel, lettres..., t. II, p. 119 et · texte numérisé non relu

Avenel, lettres..., t. II, p. 119 et

3. G. G. R. Theologi ad Ludovicum XIII Galliœ et Navarrœ regem Christianissimum admonitio, fîdelissimè. humillimè, verissimè, facta et ex gallico in latinum translata, qua breiiter et nervose demonstratur Galliam fœdè et turpiter impinm fœdus iniisse et injusdim helliini hoc tempore contra Catholicos wouisse, falsaque Religione prosequi non posse. AugnsUo Francorum, cum facultate Catholic. Magi-strat, 1G25, in-4'>, 21 p. Le Mercure français donne l'anah'se de cette pièce.

Il était d'abord attribué « sous-main » * à Boucher, l'ancien ligueur, réfugié dans les Flandres, alors plus que septuagénaire, qui s'en défendait énergiquement dans un factum daté de Tournay le 21 mars 1626 ^ ; comme on le verra plus loin, dans l'examen delà Response à lAdmonitio, la première réplique à VAdmonitio qui donnait corps à cette accusation, ce faux bruit n'était peut-être qu'une manœuvre des jésuites français pour détourner de leur Ordre les soupçons ; l'opinion publique désignait, en eft'et, bien vite, un des leurs comme l'auteur de V Admonilio ^ et elle se fixait de préférence sur le nom du P. Eudemon-Johannes, Grec d'origine, venu en France à la suite du légat, le cardinal Barberini ; sa situation, sa nationalité étrangère, et surtout la notoriété qu'il devait à ses écrits contre YAntî-Cottoriy en faveur du P. Garnet et sur la souveraineté des rois, l'expliquent suffisamment On donnait aussi, il est vrai, VAdmonitio au P. Scribani et au P. Garasse, qui protestaient énergiquement ; ce dernier le désavouait même publiquement en chaire, en même temps que ses confrères, les P. Coton, Suffren et Caussin ; mais malgré leurs dénégations véhémentes qu'il faut lire dans le P. Garasse, plus spécialement visé à cause des haines que lui avait attirées sa fougue dans les polémiques, l'Ordre des jésuites n'en restait

t. XI, p. 1098 el suiv. Cf. Hubault, op. cit, ; Auberj^ Hist. du Card. de Richelieu, Paris, 1660, p 38. La pièce paraissait dans les premiers jours de septembre 1625. P. Garasse, Hist. des jésuites de Paris, 1864, p 69.

1. Mémoires f l II, p. 530. Mercure français, t. XI, p. 1.059.

2. Défense de M. Jean Boucher, docteur en théologie df la faculté de Paris, chanoine et archidiacre de Tournay, contre Vimputation calomnieuse à lui faite d'un livre intitulé : « Ad Christianissimum Francis et Navarrse Regem Ludovicum XIII admonitio. » Au roy tres-chresiien de France et de Navarre Louys treizième, Tournay, Quinquè 1626, in-4*', 36 p. Boucher racontait comment des amis de Sorbonne l'avaient mis au courant de cette rumeur : tout en se disculpant devant le roi auquel il s'adressait, le vieux ligueur rappelait avec mélancolie que, 25 ans auparavant, en 1600, il avait été de la part des huguenots la victime d'une accusation analogue ; on lui attribuait alors un livre injurieux sur le mariage de Henri IV et de Marie de Médicis ce qui lui avait valu une tentative d'assassinat sur sa personne, dans son voyage à Rome pour le jubilé du siècle, ainsi que la perte de sa bibliothèque

Il rappelait à nouveau ce détail dans la préface du gros in-folio qu'il publiait neuf ans plus tard, à lâge de 86 ans. Arche du Testament ou de l'objet d'éternelle adoration, Tournajs Quinqué, 1635,

3. Mercure français, t. XI, p 1 059. P. Garasse, Hist. des jésuites de Paris, P. Carayon. Paris, 1864, p. 19. 69, 70, 87. Abbé Dedouvres, Le P. Joseph polémiste, Paris, 1895, p. 342 et 343. P. Prat, Recherches hist. et crit. sur la O^ de Jésus en France du temj's du P. Coton. Lyon 1896, t IV, p. 582 et suiv.

pas moins fort suspect d'en être l'initiateur, et cela avec assez de vraisemblance K

En dehors de ses origines, de ses sympathies pour l'Espagne, de ses attaches étroites avec la cour de Rome, de son activité remuante, et de son immixtion traditionnelle dans les affaires temporelles avec son esprit combatif, son universalité seule le désignait comme le champion d'une cause qui était en apparence celle du catholicisme international. Quoi qu'il en soit, c'est un jésuite que Richelieu incriminait comme le théologien auteur et de VAdnioiiitio ad Regem et du Mysteria poUtica, « la pernicieuse 1^^ « doctrine qu'ils renferment étant, dit-il, la doctrine particulière \<( de leur Ordre ^ ».

Le retentissement et l'effet de VAdmonitio étaient d'autant plus considérables qu'il était le premier à porter ses accusations sur le [terrain dogmatique des principes religieux, et qu'il attaquait ainsi lichelieu par son point le plus vulnérable ; avant lui, le Véritable d'abord, puis le Mysteria polidca, avaient reproché au car- '^inal ses alliances extérieures et leur danger confessionnel, mais à l'époque du premier, le parti protestant français ne jouait qu'un rôle relativement passif, et les Mysteria avaient paru alors qu'un élément nouveau, la rébellion toute récente de Soubise, semblait devoir forcément distraire Richelieu de ses projets de politique extérieure et l'incliner à une transaction avec l'Espagne. Jusquelà, la question religieuse n'avait été soulevée que d'une façon

1. C'est à l'un d'eux, Jacques Keller, originaire de la Souabe, recteur du collège de Munich et directeur de conscience de l'électeur MaximiJien de Bavière, qu'a été attribué avec beaucoup de probabilités le Mysteria politica. {Mercure français, t. XI, p 94; Hubault, o/). cit., p. 47.) Pour VAdmonitio, la question est moins claire ; le Mercure français, t, XI, p. 1059, remarque qu'il est venu d'Italie alors que le Mysteria sort de la Bavière, et laisse planer le soupçon sur Eudemon Johannes, Cf. abbé Dedouvres, op. cit., p. 342, note, et le P. Prat, op. cit., t IV, p 582 et suiv ; Naudœana, Paris, 1701, p. 103 et 104. Toutefois Keller est chargé des deux ouvrages par un factum du temps : Epistolee B. Mdui, qua Illustris vir Jacohus Augustus Thuanns a Jacobi Cellarii, rectoris colley ii Soc ietatis Jesu^ quod est monachii cavillationibus defenditur, et simul eumdem Cellarium Admonitionis ad Ludovicum XHI Galliœ et ^aoarrœ regem, necnon Mysteriorum politicorum authorem esse indicatur. Anno 1626, in-4<*, 8 f« n. ch. Dédié c/arissimis Viris J. D. et H. A. Consiliariis régis. Daté du 16 mars 1626, Hubault, op. cit., p. 114.

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