Ibid.,p
5. G. F^agniez, Le P. Joseph et Richelieu, t. I, p. 94 et 95.
le faisceau d'espérances qu'il avait amassées sur sa tète!... A ces considérations s'en ajoutent d'autres d'un ordre inférieur, mais qui ne servent pas moins à évaluer l'effet de VAdinonilio sur l'amour-propre du cardinal ; il était attaqué de la sorte non plus seulement comme ministre d'Etat, mais sur son véritable terrain quasi professionnel, par un théologien et dans la forme scholastique ; et c'était à Viniieiir des Principaux points de la foij, qui avait autrefois dans son diocèse dépensé ses premières énergies contre le protestantisme, avec la fougue convaincue d'un véritable apôtre, qu'on reprochait maintenant de rechercher le triomphe de ses anciens ennemis, tout en mettant en doute ses convictions religieuses, en essa^î^ant de le ruiner auprès du roi, lui et son œuvre nationale, sous le couvert de principes religieux abritant des calculs politiques.
Ces remarques préliminaires mettent assez en relief et l'importance de VAdmonitio, et les préoccupations de Richelieu à riposter, ce qu'il va faire avec une activité fiévreuse, non point seulement pour se justifier, mais pour aider par la presse à la réalisation de ses projets. La quantité d'éléments opposés dont il avait à s'assurer la soumission, l'alliance ou le concours, explique le nombre des ouvrages qu'il faisait paraître à l'occasion de VAdmonitio, nombre si élevé, « qu'amassés, on en pourroit faire un gros volume ^ » ; il les accommodait par nécessité à sa politique de bascule, et par là même, certains d'entre eux présentent de telles divergences d'idées, qu'on est tenté, au premier abord, de les regarder comme des productions isolées, dues à la fantaisie ou à la passion du moment, sans relations entre eux ; disons bien vite qu'il n'en est rien en général, et qu'au contraire pour la plupart, ils se relient et s'éclairent l'un par l'autre ; les circonstances étaient trop graves pour que Richelieu, avec la perception bien nette qu'il en avait -, ait laissé au hasard le soin de diriger ses coups, et ne se soit pas tracé une ligne de conduite méthodique ; son génie est au-dessus d'une pareille négligence, comme son amour-propre et