Ibid., p
6. « Vanitas ignoti et ignari Aom in is latentem sub cineribus verœ nvpcr ambi- « tionis imaginariœ responsionis ignem accendil, ut zelopravo sanctam admoni- « tionem adureret. » Sapiens franciis, 1626, p. 3. « Nimirum igi^ur, si operis « tam praeclari palmam à plagiariis quibusdam sibi pracipitanter ereptam « statim in limine per Imprcssorem conqueritur Fcrrerius ? Cum histonœ « Œthiopiae, operis similiter inlricatissimi author Mlnisterio sive (ut loquimur « Episcopatu privari maluerit, quam fabulaî inventœ, et excultœ glorià spo-
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ranteurde la Responce, s'il a connu le Catholique d'Eslat dans sa forme définitive, n'ait pas subi, presque inconsciemment, l'influence exercée par une œuvre supérieure qui s'imposait à lui, qu'on n'en retrouve dans la sienne aucune trace, qu'il n'j^ait entre elles que la filiation très précise et bornée résultant de l'identité du canevas et des matériaux à mettre en œuvre ; l'h^iiothèse d une origine commune, comme l'a émis l'abbé Dedouvres, n'expliquerait point cette anomalie, même en admettant avec lui que la Responce n'a été qu'un premier essai de l'auteur du Catholique d' Estât \ il n'y a entre les deux œuvres d'autres points de contact que ceux que nous venons de signaler, et leurs difl'érences sont trop caractéristiques et trop multiples pour permettre de supposer, un seul instant, qu'elles ont pu dériver de la même personnalité, et cela à quelques jours d'intervalle.
En réalité, et cette conclusion découle des considérations précédentes, les deux auteurs ont, chacun de leur côté, écrit parallèlement, concurremment et séparément, leur réplique kVAdmonitio sur un même schéma ; ils ont utilisé tous les deux les mêmes éléments, chacun d eux avec ses vues propres et sa personnalité distincte ; il y a eu plagiat, mais seulement de ces éléments, ainsi que nous allons le voir.
Les noms de Fancanetdu P. Joseph éliminés, à qui donc attri-^ brerla Responce ? Etant donné sa relation étroite et ses points de contact nombreux avec le Catholique d'Esiat, la solution du problème est intimement reliée aux circonstances de la composition et de la publication des deux ouvrages ; les points acquis exposés plus haut forment une trame assez serrée pour permettre d en présenter une solution complète ; elle est tout hj^pothétique, il est vrai, mais elle s'ajuste assez exactement sur cette trame pour qu'on puisse la regarder, au moins dans son ensemble, comme une quasi-certitude, malgré lobscurité de certains détails que
liari. » Scopœ ferrerianse id est Tragicomœdia satyricse falso Catholici Politici titulo a Ferrerio Gallo evalgatx examen, Ambosiœ , 1626, p. 22. a Nonne responsi ce vomitor idiotam sesejactat ? Scire se Francicè tantiimfateUir. Imperitiam ejus « nonne oranes versus proeconissant ? Tu leclor vide quanta vis stultitiœ. Stolo « ille putabet nemiuem posse intelligere, nihil eum scire, nisi ipseni et testa- « retur, nihil se didiciisse. Inscitia tacens tuta est, loquens mox primo effatu « sui index est. Ruditus suum asinum, coccysmus suura cuculum loquitur. » Ibid., p. 5,
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Richelieu a peut-être été seul à connaître et dont le secret a disparu avec lui.
Ainsi qu'on l'a vu plus haut, Richelieu a fait appel aux théologiens les plus qualifiés de Paris, pour leur soumettre, comme à un Conseil de conscience, la solution des questions soulevées par VAdmonitio ; le sécréta été bien gardé dans ce petit cénacle où chacun travaille sur les éléments fournis par le maître, et apporte des arguments, des notes, des remarques ; mais les précautions n'ont pas été suffisantes pour que le hasard ou une indiscrétion n'aient point fait tomber quelques-uns de ces feuillets entre les mains d un tiers, ayant des accointances avec quelques membres de ce Conseil, et peu scrupuleux, qui va les faire servira ses ambitions ; ce tiers n'est pas initié de ce cénacle, pas plus qu'un familier de la maison de Richelieu, car il ne connaît du Catholique d Estât que les matériaux qu'il a en mains ; il sera loin de savoir les utiliser, dans son inexpérience d écrivain et de politique ; et leur sens lui échappera souvent, comme le prouve sa maladresse à en user. De son côté, Richelieu prépare sa réplique, avec les éléments qui lui ont été fournis, mais qui sont complets, avec cette puissance de dialectique passionnée et cette science d'assimilation qui font défaut à son rival ignoré, en donnante l'œuvre finale une cohésion relative, sinon lunité qui fait défaut à cet assemblage hâtif.
Peut-être par la même source qui lui a fourni quelques lambeaux pour son livre, le plagiaire apprend-il que le Catholique d'Estat va paraître ; de là cette précipitation pour arriver le premier, cette hâte où l'on sent, au fond, de l'indécision et même quelque crainte ; il n'ose, en effet, signer son ouvrage, alors qu'il laisse assez clairement entendre que son travail n'est pas désintéressé, et s'il le marque de ses initiales, malgré sa déclaration de vouloir garder lanonymat, ce ne peut être qu'avec l'arrière-pensée de pouvoir le revendiquer un jour avec profit. Ces initiales C. G. s'appliquent au nom d'un personnage dont toutes les caractéristiques concordent avec ce que nous avons exposé, et avec l'opinion unanime des contemporains ; c'est un théologien laïque, un « pseudo-religieux » comme Ferrier (la coïncidence est au moins curieuse), Charles Guron, auteur de la Discipline chres-
tienne, d'une ancienne famille du Poitou, voisine et amie de celle de Richelieu, à qui elle fournira des auxiliaires dévoués et de première valeur ; Charles Guron est depuis longtemps connu de ce dernier par sa médisance, son ambition et son esprit d'intrigue toute spéciale qu'il a mise au service des amours de Henri IV. Avenel a reproduit une longue lettre que lui adressait en 1615 Richelieu, évêque de Luçon ^ ; si elle est vraiment de celui-ci (ce qui semble douteux vu son ton d'aigreur de mauvais aloi inaccoutumé), il faut reconnaître que l'auteur était bon prophète en lui reprochant de « ressembler à ces estomachs indigestes qui tournent en mauvais suc tout le bon aliment ».
Sous le rapport des lettres, le nom de Guron était prédestiné dans la maison de Richelieu ; seize ans après, comme on le verra plus loin, Jean de Guron, gouverneur de Marans, cousin du précédent, mettait lui aussi sa plume au service du cardinal, d'après Mathieu de Morgues, et d'une façon aussi peu heureuse ; le pamphlétaire faisait-il entre eux une confusion voulue, ou les deux personnages n'en faisaient-il en réalité qu'un ? Nous reviendrons sur cette question, mais toujours est-il qu'il rééditait contre le second les reproches que Richelieu avait naguère adressés à son cousin, et lui jetait à la face le métier honteux qu'il avait fait auprès de Henri IV et l'affectation de pratiques dévotieuses dont il se serait servi à voiler ses méchantes actions. Quoi qu'il en soit, « ce béat plus capable de présenter un poulet d'une main, en tenant un chapelet de l'autre, que de faire descendre la vérité du ciel 2 », s'était trompé dans son calcul avec la Responce, et il aurait mieux fait, en 1625, comme le lui conseillait Richelieu dix ans plus tôt, « de resveiller sa curiosité sur une aultre occurence » ; si on l'avait autrefois accusé « d'ambition lorsqu'il rendoit tant de visites inutiles aux pères jésuites, aux principaux ministres de Testât et aux favoris du feu roy », la Responce lui attirait précisément les mêmes invectives ^ Elles sont d'autant plus précieuses pour nous qu'elles éclairent un point curieux en découvrant le but de l'indignation de commande qu'il avait répandue dans son ouvrage. Ainsi qu'on l'a vu, la i?es/)onre incriminait