‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 246 sur 352 · Maximes d'Etat et fragm. polit., p. 737, note · texte numérisé non relu

Maximes d'Etat et fragm. polit., p. 737, note

Mathieu de Morgues était tout naturellement désigné pour tenir sa place dans cette polémique et y jouer le rôle que lui assignait sa faconde violente et populacière ; comme dans la période du Mystei'ia politica^ il faisait encore à nouveau pendant à Fancan et au Miroir avec la France au désespoir, parue après VAdvertissement, dans les premiers jours de novembre, au lendemain de la condamnation au feu de l'Admonitio ^ : le titre emprunté à la France mourante du chanoine pamphlétaire précise assez sous quelle influence il l'avait écrit ; la mémoire toute fraîche encore de la lecture du Miroir, il s'en appropriait sans feinte des pointes et des. images, comme « le singe qui se sert de la patte du chat ^ »^ « les grains bénis et les arguments cornus 3 », « brûler la maison pour en chasser les rats * », de même qu'il en empruntait d'autres à la Voix publique comme ]es « huguenots à 24 carats ^ » ; autant dans la Ligue nécessaire l'influence de Richelieu est manifeste, autant maintenant l'on sent qu'elle a disparu pour faire place à celle de Fancan, qui n'a certainement pas été fâché de voir l'aumônier et panégyriste ^ de la reine mère reprendre la thèse du Miroir, mais cette fois sans ménagements et sans artifices, avec la virulence accoutumée de ses sermons ; car la France au désespoir, parue sans lieu ni date, est un véritable sermon, comme l'abbé de Saint-Germain a l'habitude d'en faire depuis des années, dans les paroisses de Paris où ils attirent la foule, depuis qu'il a quitté sa chaire de Notre- Dame des Vertus ; c'est la première œuvre de lui, où le prédicateur, violent, heurté et sans méthode, se révèle dans son naturel ; ce pamphlet est un sermon populaire de la Ligue, jeté à la foule avec des éclats de voix sonores comme des trompettes de cuivre, ne reculant ni devant l'exagération emphatique que la chaire autorise ni devant le mot énergiquement trivial "^ ; Richelieu, dans

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