Ihid., p. 15 et
tj!0() AUTOUR DE LA PLUME
n'est pas plus celui d'un théologien que d'un diplomate, et pas plus dans les choses religieuses que dans les questions politiques, il ne connaît l'ironie discrète de l'homme d'Eglise par laquelle le mot enveloppe la pensée, Pour lui, « les bulles du légat sont des ampoules * », Eudemon Johannes « le tiercelet de Ravaillac ^ », et il s'exprime sur le mépris du légat ^ « et les audaces et insolences de la cour de Rome ^ », comme jamais son ami Fancan même n'oserait le faire.
Si nous insistons sur ce pamphlet, qui d'un autre ne mériterait qu'une simple mention, c'est qu'il sort de la maison du cardinal, qu'il se rattache directement au Jugement de l'évêque de Chartres, qu'il a inspiré comme on le verra tout à l'heure, et enfin qu'il a une signification de tout premier ordre en ce qui concerne Richelieu. La France au désespoir a été certainement écrite en dehors de celui-ci, et fort probablement à son insu, mais le caractère de l'auteur permet d'avancer que si elle a dénaturé les idées du maître en les exagérant outre mesure, l'on y retrouve le fond de ses entretiens intimes avec ses familiers : sa mauvaise humeur contre le légat, sa haine contre les financiers, sa rancœur contenue contre La Rochelle dans la question du parti protestant...
L'absence complète détenue de ce libelle seule suffirait à écarter le nom de Fancan auquel M Fagniez l'a attribué ^ ; le panégyrique de la reine mère ^ quelque peu imprévu qu'il renferme, en dehors de tout le reste, dénonce assez Mathieu de Morgues. Ses adversaires bien renseignés n'hésitaient pas du reste à l'en charger ', et avant qu'il fût désigné par son nom, un pamphlet