Ibid., p
VAdvis lui consacrait un panégyrique significatif ^ en le louant de son indépendance vis-à-vis de Rome qui lui valait, disait-il, le titre ironique de « cardinal d'Estat »...
Fancan avait passé par là 2 ; c'était bien lui, en effet, qui avait commandé l'ouvrage à Drion, en le lui payant par avance cent écus, qui avait fait voir le manuscrit à Richelieu, l'avait rendu apostille et corrigé à Tauteur, et lui en avait fait ensuite changer le titre ^ ; il y a lieu toutefois de n'accepter que sous toutes réserves ces affirmations de Fancan ; nous l'examinerons plus loin, en revenant en son temps sur le document précieux qui fournit ces renseignements ; on verra le jour curieux jeté par lui sur les procédés de Richelieu vis-à-vis de l'opinion publique et sur le rôle de Fancan ; il convient seulement de retenir ici la différence radicale de vues que nous avons signalée entre VAdvis salutaire et le Discours au Roy ; malgré cela, il n'y peut avoir d'incertitude ; ils se rattachent bien tous deux au Catholique d'Estat, au même titre que le Miroir, V Alliance du Roy avec le Turc et la France au désespoir, dans la tactique à double jeu de Richelieu qu'ils permettent, d'une façon typique, de saisir sur le vif.