Discours au Roy..., 1625, p
lité ; il essaj^ait de diminuer les torts de la rébellion protestante en la présentant comme due au désir d'assurer pour l'avenir une paix durable, mais en revanche, il n'omettait rien pour que le lecteur y vît un plaidoyer catholique ; les protestants y étaient invariablement désignés sous l'épithète d' « hérétiques^ », de même queles ducs de Rohan et de Soubise sous l'appellation quelque peu méprisante de « sieurs de Rohan et de Soubise 2», et le même ordre d'idées ne présidait pas moins à son argumentation sur le peu de valeur, au point de vue canonique, de la menace d'excommunication lancée par VAdnionitio ^.
Il en était tout autrement du second ouvrage, VAdvis salutaire aa Roy sur les affaires présentes, qui paraissait peu de temps après le premier, avant le 2 décembre, date de la disgrâce de Baradas. Celui-là, écrit dans un sens tout différent, en représentait la contrepartie dans la politique de bascule de Richelieu, car il était destiné non plus aux catholiques mais aux protestants; sa date indique assez, du reste, son but principal de préparer avec eux le succès des négociations de paix qui aboutissaient le 26 novembre pour être définitivement ratifiées le 5 février suivant par le traité de Paris.
Alors que le Discours ne soufflait mot des Jésuites, dont il ne prononçait pas même le nom, VAduis les incriminait au contraire, comme responsables de l'acuité des divisions religieuses de la France, qu'ils entretenaient, disait-il, dans l'intérêt de l'Espagne î si le premier factum, loin d'être hostile aux protestants, puisqu'il justifiait une réconciliation qui n'était pas encore définitive, leur était en somme peu favorable, le second, comme on le voit, ne leur ménageait pas au contraire ses marques de sympathie. Il allait plus loin ; au lieu de faire gloire à Louis XIII de la guerre religieuse de 1621, comme le Catholique d Estât, ou de la passer sous silence comme le Discours au Roy, ne la représentait-il pas comme le résultat des intrigues intéressées des Jésuites et de Luynes, les uns dans un but politique anti français, l'autre pour se faire attribuer les dépouilles des seigneurs protestants, et n'en prenait-il pas texte pour prémunir le roi contre la puissance des favoris? Alors que le Discours ne mentionnait pas le cardinal de Richelieu,
1. Discours au Roy sur la paix..., p. 2, 3, 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12.