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la doctrine n'aurait eu que la part exigée par les circonstances ; autrement dit, il a été vivement pris à partie pour son manque de principes. Nous en avons déjà mis un mot, au sujet des Principaux points de la foy et de la doctrine de la guerre du Catholique d'Estat ; nous devons y revenir ici au sujet de la question du Régalisme. Le problème des rapports du spirituel et du temporel, rapports forcés, inéluctables, imprescindibles, base de tout ordre social régulier et normal est si complexe et comporte des détails multiples d'un ordre si délicat, avec des éléments hétérogènes si nombreux, que les formules d'eschole, qui ont la prétention de les résumer et de les régir, ne peuvent être considérées que comme des à peu près constituant des moyennes d'idées générales ; leur application, dans l'ordre pratique, présuppose une telle mesure, un tel tact, une telle compréhension des nécessités et des besoins accommodés à ces éléments et aussi nombreux que ceux-ci, que la plus légère déviation dans un sens ou dans l'autre d'un quelconque de ces détails pratiques rompt l'harmonie, et aboutit à des chocs qui se répercutent sur tout le reste ; a fortiori, en sera-t-il de même de l'interprétation donnée à ces formules générales ; cela revient à dire qu'il n'en est aucune capable de résumer d'une façon rigoureuse et inattaquable une théorie quelconque sur la matière, et qu'il est relativement facile de dénaturer le véritable sens donné par son auteur à l'une d'elles, surtout lorsque, comme pour Richelieu dont c'est le cas, une concision poussée à ses dernières limites veut synthétiser la pensée dans un verbe réduit à sa plus simple expression.
Ceci explique combien il était facile aux adversaires de Richelieu de le combattre au nom de l'idée, en soulignant seulement, sans plus, l'une des nombreuses nuances dont l'ensemble constituait précisément la caractéristique de son génie de la mesure.
La raillerie allait plus loin ; le Catholique d'Estat avait combattu l'immixtion des théologiens dans les affaires politiques ; l'aventure du P. Caussin prouva plus tard combien cette préoccupation était fondée ; les Raisons pour le désaveu plaidaient la cause opposée, mais avec une réserve perfide : « Mon intention « n'est pas, disait l'auteur, que l'on croye que les Prélats et autres « ecclésiastiques doivent souhaiter ni rechercher les emplois es ( « choses temporelles. La Sainte Ecriture enseigne et à moi le con-
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« traire... ^ » ; on ne pouvait faire plus finement allusion au Cardinal qui, dans sa Harangue de 1614, protestait devant le roi contre « l'éloignement des ecclésiastiques de ses conseils et delà cognoissance des affaires... ^ » et dont la situation politique était une anomalie vivante avec sa dignité dans l'Eglise.
S'il n'était question de V Admonitio que pour parler de ses calomnies ^, le Catholique d'Estat était en revanche critiqué, sans être nommé, mais de façon à éviter toute méprise ; l'on ne pouvait s'y tromper à lire la longue réfutation du sens donné par cet ouvrage aux termes de « bons Français* » qu'il défendait comme le Miroir, l'emploi ironiquement répété des mots « bons ecclésiastiques », (.(. bons religieux ^ », qui fait penser aux « bons Pères » deFancan, la citation complète d'une sentence de remarque qui y était puisée : « Les maximes de l'Eschole n'ont rien de commun avec la la politique ^ » ; enfin, l'appellation quelque peu méprisante de « donneur de règles pour l'Etat '^ » à l'adresse de Ferrier a dû chatouiller singulièrement l'épiderme sensible de Richelieu touché dans sa double susceptibilité de politique et d'écrivain ^.
Nous en avons fini avec le procès du Catholique d'Estat devant le Clergé, procès auquel avaient été mêlés la Sorbonne et le Parlement ; disons tout de suite comment Richelieu prit brusquement sa revanche, et cette fois d'une façon définitive, en mettant à profit ce bouillonnement de passions qui n'était pas son œuvre, mais dont il usait à son profit ; le livre de Santarelli lui en fournit l'occasion, en achevant de les déchaîner; grâce à lui, il pouvait enfin contraindre les Jésuites français à « caler voile », et le désaveu formel de Y Admonitio et des doctrines de Santarelli donné par eux le 16 mars, lui en faisait non pas des amis, mais des ralliés devant l'opinion.
Il ne leur demandait pas autre chose, car du côté de la France