et 8. Ibid., f» ii, v
seulement au Catholique d'Estat^ mais aux autres ouvrages que l'on pouvait lui rattacher, et qui lui faisaient comme un cortège compromettant ; ils saisissaient l'occasion de le faire et par la bouche d'un cardinal français et au nom du clergé français. En réalité, au fond, ce n'était pas, en effet, seulement Fancan qui était visé derrière Léonor d'Estampes, mais Richelieu lui-même dans les Raisons pour le désaveu et ce dernier avait à se repentir encore une fois de plus d'avoir comme tenant un personnage aussi « indiscret » que le fameux et trop habile pamphlétaire.
Cette réplique était faite de main de maître, au moins dans la forme, par le p. Phelippeaux, un jésuite caché sous le nom du cardinal de la Rochefoucauld ; l'Ordre empruntait encore à nouveau, trait pour trait, la tactique de Richelieu, et cette fois d'une manière encore plus frappante. Le Catholique d'Estat, tout en louant les Jésuites français, avait combattu la doctrine de l'Ordre par des arguments tirés de leurs théologiens ; les Raisons pour le désaveu étaient un panégyrique du cardinal, mais en même temps l'auteur choisissait dans le Jugement des phrases entières ou des idées puisées soit dans le Catholique d'Estat soit dans le Miroir, sans prononcer le nom de ces deux ouvrages, et comme argumentation, il s'appuj^ait sur des passages entiers des œuvres de Richelieu lui-même; les Raisons pour le désaveu ne le cédaitpas, comme on le voit,en ironie savante au Catholique d' Estât. U smieur meiimi largement à contribution et la Harangue aux Etats de 1614 et les Principaux points de la foy catholique ; dans le premier ouvrage, Richelieu n'avait-il pas, au nom du clergé français, réclamé énergiquement l'adoption du Concile de Trente par le royaume ^ ? Dans le second, n'avait-il pas réfuté avec ardeur la théorie protestante du Serment d'Angleterre - ? N'était-ce point cependant à la doctrine du Jugement qu'aboutissait la théorie de la souveraineté des rois du Catholique d'Estat, en l'exagérant quelque peu, il est vrai, et en faisant abstraction des considérations d'espèce dans lesquelles Richelieu s'était rigoureusement limité ?
Le même reproche a été plusieurs fois adressé à Richelieu par ses historiens qui ont relevé ces contradictions avec lui-même, et ont attribué ces variations d'opinion à une ligne de conduite où