‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 27 sur 352 · Ibid., f-^CU · texte numérisé non relu

Ibid., f-^CU

eut à déployer son énergie non seulement contre eux mais contre la Cour 1.

En dehors de la politique, et au furet à mesure que le champ d'examen se rapproche du détail pratique de la vie, la personnalité de l'auteur s'accentue de plus en plus. Avant de résider dans son évêché, Richelieu a vécu de la vie du monde et de la cour ; il connaît les nécessités sociales qui comportent, dans l'application de la. loi religieuse, non point des compromissions avec celle-ci, mais des adoucissements et des mesures de prudence, dictées par les circonstances et par les mœurs ; et il en tient compte en maints endroits dans la Briefve instruction avec une persistance qui décèle l'homme du monde et le diplomate sous le théologien. Que l'on compare, à ce seul point de vue, les Instructions de S. Charles de Borromée avec le livre de Richelieu en ce qui concerne le secret de la confession ; chez le premier, la préoccupation dominante a trait aux obligations sacrées du prêtre ^ ; chez le second, elle se traduit surtout par la crainte du scandale du monde 3. Mais ceci n'est qu'une nuance dans ce cas particulier ; la tournure d'esprit de l'auteur de la Briefve instruction est autrement accusée sur d'autres points plus humains : la rupture du jeûne en cas de maladie, qu'il tolère, à condition qu'elle ne soit point publique * ; la distinction soigneusement établie entre les liaisons illégitimes condamnées par l'Eglise, suivant qu'elles sont clandestines ou non ^ ; l'interdiction formelle des pénitences publiques si la faute ne l'a pas été^, suivie plus loin d'un exemple de pénitence assez rigoureuse « pour que les confesseurs, dit-il, puissent juger de quelques autres remèdes plus doux et plus propres pour ccHo; qui sont du monde » '^. Ailleurs, ce sont des tempéraments dérivant de la même largeur de vues, et du même

Page 1