‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 26 sur 352 · Ordonnances synodales, f · texte numérisé non relu

Ordonnances synodales, f

3. Casuistes. — « La science des cas de conscience est périlleuse et dam- « nable ; car en matière de conscience, de doutes et de scrupules, il sviffirait de « s'en remettre à la prudence et discrétion des Confesseurs sans en imprimer « des livres, qui mettent les âmes en anxiété au lieu de les en retirer ; et d'ail- " leurs il n'y a aucun des anciens qui en fasse mention. » [Perroniana et Thiiana, p. 44.)

gradation qui soit remarquable dans la prescription du respect des ce Lois de Dieu et de l'Eglise, du Prince et du Pays » * qu'il fait indirectement à ses fidèles, son attitude vis-à-vis des protestants, qui rentre dans la même catégorie, mérite qu'on s'y arrête davantage.

Dans sa réserve courtoise vis-à-vis d'eux, il prêchait d'exemple, la volonté de leurs majestés « étant, comme il l'écrivait deux ans plus tôt, que nous vivions avec eux en bonne intelligence ^ » ; elle était d'autant plus méritoire après les violences dont son malheureux diocèse avait souffert de la part des Réformés et souffrait encore ; nous verrons plus tard que, sur ce point, il avait définitivement étouffé ses rancœurs, car quatre ans après, dans une polémique fameuse, après son passage au pouvoir durant lequel il avait -été en butte à leurs attaques qui avaient contribué à sa chute, sa plume restait encore muette sur ce chapitre. Au cours de cet ouvrage, son prosélytisme (car on ne peut donner ce nom à sa recommandation aux prêtres de lire à l'Eglise les prières « en langue vulgaire» 3) ne se manifeste ici que sur le terrain de la défensive le plus restreint, dans ses prohibitions aux fidèles d'assister « aux cérémonies de ceux de la religion prétendue réformée » * ; de donner des marques ex/meures d'adhésion à ce qu'ils enseignent contre l'Eglise ^ ; de lire leurs livres dont il ordonne la destruction ^' ; par ailleurs, il mentionne simplement les protestants à propos de leurs rapports accidentels avec le clergé, dans son interdiction aux prêtres de célébrer les mariages mixtes ' et dans cette réserve aux évêques d'un cas d'excommunication spécial contre ceux qui « assistent à faire enterrer les corps des Héré- « tiques en Terre-Sainte » 8, une mesure évidemment motivée par un incident dramatique et retentissant dû aux protestants, incident auquel Richelieu avait été mêlé et à l'occasion duquel il

1. Briefve instruclion, f» 31, V". Celle formule éminemment S3'nthétiquc et concise est à rapprocher du développement donné par le P. Benedicli à ce point délicat (Somme des péchés, p. 138 et 153,.

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