‹ Autour de la plume du cardinal de RichelieuChapitre 271 sur 352 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

c86 AUTOUR DE LA PLUME

ché, l'on s'explique de reste que le Mercure français désignât l'ouvrage comme l'un des plus dangereux publiés contre la politique du gouvernement \ de même que l'on comprend son insigne rareté.

Dans sa forme moins littéraire que les Scopœ^ qui semblent du reste lui avoir emprunté ses renseignements, et qui le citent ^, le Sapiens francus paru antérieurement était plus énergique ; aussi, lui faisons-nous de préférence à l'autre un emprunt pour ses réflexions au sujet des collaborateurs et auxiliaires de Richelieu ; il venait de demander pourquoi Ferrier avait mis son nom en tête d'un écrit aussi infâme que le Catholique d'Estat : « Est-ce <K. pour l'honneur, » continuait-il dans la question suivante, « que « cette justification a été confiée à des conseillers appartenant à « la faction huguenote ? Alors que dans le Royaume de France, il « y a une telle multitude de théologiens et de jurisconsultes des ^( plus savants, alors que la question en jeu intéresse la cons- <( cience du plus grand nombre, il est pkis que surprenant que « l'on n'ait mis cette cause entre d'autres mains que celles d'un « idiot, d'un hérétique, et de cet autre personnage qui pue encore « son hérésie ; les deux premiers ont eu peur d'associer leur nom « à une besogne infâme ; quant au troisième, il a escompté une « bien faible part de renommée, en se mettant en avant » 3. Un peu plus loin, l'auteur reprenait à son compte une phrase de la Faulce glace ^, que nous avons déjà citée : « Il est beau d'être loué « par un homme honorable, il est suspect de l'être par celui qu'on « aurait honte de louer ; il est honteux de l'être par un hérétique « et un infâme. Je méprise les énergies misérables des Puissants « qui n'ont pas pu trouver un parasite propre.... »

Voilà la clef du changement d'orientation de Richelieu dans le choix de ses porte-paroles ; piqué au vif par ces questions gênantes, il a eu honte de ses comparses ; il a compris combien il prêtait le flanc en se limitant à une presse comme celle que manœuvrent un Fancan, un LeGuaj^un Ferrier et un de Morgues ; l'accusation était d'autant plus redoutable pour lui qu'elle était formulée sur un ton plus calme et avec des expressions plus mesu-

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