Resolntiones magistrales.. , 1626, p. 3 et
à Richelieu lui-même, mais ils s'en tenaient aux réticences et ne concluaient pas, pas plus qu'ils ne levaient le voile de l'anonj^me pour l'auteur de la Response. Cette manœuvre avait pour eux un double avantage : ne pas être taxés d'irrévérence vis-à-vis d'un Prince de l'Eglise, et pouvoir l'atteindre à leur aise derrière les auteurs avoués et connus des deux libelles. Ils ne s'en faisaient pas faute ; le Sapiens francus relevait avec un mépris tranquille les bévues et les aveux naïfs de l'auteur de la Response qu'il qualifiait « d'Idiot » à chaque page ; dans le Scopœ^ Ferrier était vigoureusement pris à partie avec une exagération voulue dans le parti pris de ne reconnaître qu'à lui la paternité de l'œuvre combattue, et son nom revenait avec une fréquence ironique, accompagné des épithètes significatives de « parasite » ^ et surtout de « pédant » 2, un mot emprunté au Catholique d'Estat '\ et qui était certainement l'injure la plus sensible à Richelieu.
Il est peu de passages de ce livre éminemment remarquable qui ne renferment à l'adresse de Richelieu un trait à la fois acéré et enveloppé dans la forme la plus courtoise ; il serait trop long de les énumérer, mais il en est quelques-uns qui méritent une mention. L'auteur raillait l'importance attachée parle gouvernement à deux factums comme le Mysteria et VAdmoniiio, en la comparant à l'accueil indulgent réservé à d'autres pièces ; or, celles qu'il citait comme exemples étaient précisément avec le Soldat françaisy la Voix publique '* que l'opinon donnait alors à Richelieu. Au sujet de l'indignation du Catholique d'Estat devant les insultes adressées à la reine mère par VAdmonitio, il rappelait ce qu'elle avait eu à souffrir alors qu'elle était frappée « dans ses familiers les plus chers ^ » parla fin tragique du maréchal d'Ancre ; cette allusion voilée à une amitié suspecte devenue légendaire ne pouvait être plus perfide.
Nous n'examinerons pas en elle-même la thèse de réfutation du Catholique d'Estat, qui sort de notre cadre, mais si l'on ajoute que l'auteur des Scopx était un maître dialecticien en même temps qu'un maître styliste dont le nom mériterait d'être recher-