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DU CARDINAL DE lUCHELIEU 401
Ferrier aurait quelque valeur, s'il n'était aussi confus, car il s'applique aussi bien au Catholique d' Estai qu'au Catalogus ^. Quoi qu'il en soit, tous les contemporains étaient d'accord pour en donner la paternité à un protestant ; et quelques années plus tard, cette créance était consacrée formellement par la réimpression du factum dans un recueil de pièces protestantes, le Mercure Jésuite, publié à Genève en 1631 ^ ; enfin son inscription sous le nom de Ferrier au Grand Livre de la Plume de France l'a définitivement et officiellement classé ^.
Il y a eu méprise, croyons-nous, et méprise analogue à celle dont le Catholique d Estât a été l'objet. Tout d'abord, étant donné les circonstances de la composition de ce dernier ouvrage, ainsi que les précautions prises par Richelieu à la fois pour l'endosser à Ferrier et pour y ménager les Jésuites français et s'assurer leur concours, il est assez difficile d'admettre que Ferrier, choisi par le cardinal pour ce rôle délicat, qui suppose une dépendance absolue, ait publié, même avec son assentiment, une œuvre qui allait à l'encontre des idées et du but de l'ouvrage antérieur, mis officiellement sous son nom avec l'insistance que l'on a vue. Les adversaires de Richelieu avaient au contraire intérêt à l'en charger de iîiçon à écraser sous son poids l'auteur du Catholique ctEstat ; si l'on jette un regard en arrière, les Jésuites en particulier qui avaient déjà aidé Richelieu à laisser l'opinion reporter sur Ferrier toute la responsabilité de cette dernière œuvre, étaient conséquents avec leur tactique en lui donnant aussi le Catalogus ; les Scopie qui le citent * ne font aucune allusion à l'auteur, et se contentent de parler d'une façon générale des écrits anonymes de Ferrier ^.
Nous avons réservé pour la fin l'argument le plus décisif pour l'attribution du Catalugus à Fancan ; dans une polémique posté-
1. « De fait c'est celuy là (Ferrier) qu'on jugea propre pour répondre à ce
« livre pernicieux et intitulé Admonitio ad Regem Ferrier le fit assez pla-
« tement et fort malicieusement, parce qu'en plusieurs endroits il picquottait « ouvertement notre Compagnie, et moi nommément, comme si j'eusse été i'au- « teur de ce libelle. »(P. Garasse, op. cit., p. 66 et 70-71). Or, le nom du P. Ga- « rasse n'est pas prononcé dans le Catholique d Eatat.
3. Comme nous l'avons dit plus haut, c'est le seul ouvroge attribué à Ferrier dans le Catalogue général de la B. N.